L’arrivée de la chanteuse Ambre Vourvahis en 2022 au sein de  @XandriaOfficial  suivie très rapidement de l’album The Wonders Still Awaiting en 2023 a été plus que salvatrice, ce fut une véritable nouvelle vie pour la formation allemande de metal symphonique qui était moribonde et ne nous avait plus rien offert depuis 2017 avec Theater of Dimensions… Entre-temps, il y eut la sortie de l’EP Universal Tales qui ouvrait de nouveaux horizons artistiques. Et les étoiles semblent alignées à présent pour XANDRIA, et tout semble se précipiter depuis trois ans, le nouveau line-up du groupe enchainant les tournées mondiales et les albums, le tout nouvel album (9ème !) se nomme Eclipse venant à peine de débouler dans les bacs en août 2026 ( @napalmrecords ). Les 11 titres qui le composent dessinent un voyage riche en découvertes, où chaque morceau possède sa propre identité tout en s’inscrivant dans un univers cohérent. Eclipse mélange riffs de metal classiques inspirés des années 1980, guitares de metal moderne accordées bas, sonorités orchestrales cinématographiques, voire même des influences folk celtiques et des éléments électroniques sombres (cf. chanson “The Poetry of the Real World“ avec un solo de guitare évoquant Pink Floyd). Une nouvelle fois, METAL OBS a pu échanger avec sa chanteuse franco-grecque en français, svp ! [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Ambre Vourvahis (chant) par Pascal Beaumont – Photo : Stefan Heilemann & Mirko Witzk]

Eclipse - XANDRIA
XANDRIA
Eclipse
Symphonic metal
Napalm Records

Tout semble s’accélérer de nouveau depuis l’arrivée de la chanteuse franco-grecque Ambre Vourvahis en 2022 au sein de Xandria. Voici déjà le second album avec elle, après The Wonders Still Awaiting en 2023, et l’EP Universal Tales qui ouvrait de nouveaux horizons, comme des influences folks ajoutées à celles de heavy metal néo classique plus typiques du combo teuton. Eclipse est paru dans la chaleur de cet été 2026 chez Napalm Records, comme par hasard à une semaine de l’éclipse solaire (partielle) dans l’ouest de l’Europe. Ce neuvième album studio comprend onze titres qui dessinent un voyage riche en découvertes, où chaque morceau possède sa propre identité tout en s’inscrivant dans un univers cohérent. Les chansons mélangent ainsi riffs de metal classique inspirés des années 1980, guitares de metal moderne accordées bas, sonorités orchestrales cinématographiques, et donc influences folk celtiques ici et là. Ajoutez à tout cela des éléments électroniques sombres, avec même sur une chanson “The Poetry of the Real World“ un solo de guitare évoquant Pink Floyd !

La tracklist est construite de manière que chaque chanson possède une identité forte. Si The Wonders Still Awaiting posait les bases d’un renouveau il y a trois ans, Eclipse scelle définitivement le règne d’Ambre Vourvahis au micro capable de chanter aussi bien en voix claire que de growler par moment. La chanteuse franco-grecque franchit un cap technique et émotionnel bluffant ici. L’enchaînement de l’introduction orchestrale “Syzygy“ vers le morceau éponyme “Eclipse“ installe immédiatement une atmosphère cinématographique et théâtrale qui sera la trame de ce nouvel enregistrement studio. Ce prélude instrumental de près de deux minutes fonctionne comme une véritable intro qui vous embarque dans un film musical. Porté par des arrangements de cordes dramatiques et des chœurs massifs, le morceau monte progressivement en tension. Le terme astronomique “syzygie“ (l’alignement de trois corps célestes) prend ici tout son sens musical, symbolisant la parfaite union entre la puissance métallique, l’orchestration et la voix. La transition parfaite : sans aucune coupure, la tension accumulée explose avec l’entrée des guitares lourdes et de la batterie sur la chanson-titre de l’album. Cette transition fluide abolit la frontière entre le metal classique et le metal moderne pour fusionner. “Eclipse“ est clairement l’hymne de l’opus. Celui-ci déploie immédiatement toute l’identité de la formation en 2026 et montre une évolution flagrante de Xandria. Le rythme est rapide, le refrain est taillé pour les concerts, et Ambre y livre ses premières lignes de chant lyrique haut perché qui ne peuvent que séduire. Ce titre agit comme un résumé parfait du disque : à la fois sombre, grandiose et intensément accrocheur, bref, du pur metal symphonique puissant et avec la classe. Le décor est donc planté : des riffs classiques très ancrés dans le metal des années 80 croisent des guitares modernes accordées extrêmement bas, apportant une lourdeur bienvenue.

Mais l’innovation entamée sur le précédent EP et développée ici, c’est avant tout cinématique et folk. L’envergure orchestrale digne de musiques de films se mêle à des touches celtiques envoûtantes, comme sur le superbe premier single d’ouverture spirituelle “The Shannon’s Home“ qui utilise la métaphore d’un fleuve celtique pour raconter le voyage de la vie. “Colours“ autre single est la vitrine parfaite de la polyvalence vocale de Ambre qui passe sans le moindre effort d’une voix rock intime et feutrée à des envolées lyriques puissantes. Ses growls et chants saturés, distillés à dose homéopathique mais toujours percutant, apportent un contraste saisissant, le morceau étant doté d’une efficacité mélodique redoutable. “Northstar“, quant à lui, est une fresque musicale d’une dynamique envoûtante. Il frappe d’abord par sa richesse structurelle cet apport folk celtique, l’introduction s’ouvre sur des instruments traditionnels flûtes celtiques en étain (tin whistles) ainsi que des flûtes à bec basses (flûte irlandaise de McAlbi garant des ambiances traditionnelles). Cela intervient sur trois autres chansons “The Shannon’s Home“, “Masquerade“ et “Lore“. Ces sonorités apportent une bouffée d’air frais et une dimension onirique immédiate rappelant de sombres contes de fées ou de grands espaces marins mais il y a aussi ce contraste avec du metal moderne. Très vite, ces envolées folks sont balayées par un mur de guitares aux sonorités modernes, créant une lourdeur typée metalcore/modern metal saisissante. Et c’est sur ce morceau qu’Ambre déploie toute sa palette vocale, le break voix piano est juste très beau tout en subtilité quelle classe ! Elle y livre un refrain aérien d’une efficacité mélodique redoutable, contrastant magnifiquement avec des couplets plus sombres et des arrangements choraux massifs et des orchestrations de la Sofia Session Orchestra (connu pour son travail sur des musiques de films et de séries telles que His Dark Materials). Le titre ne se contente pas d’être un énième morceau de metal symphonique. Il s’agit d’un voyage progressif et d’une des compositions les plus mémorables de Marco Heubaum, fondateur de Xandria et musicien polyvalent (guitare rythmique, claviers, basse), idéale pour convaincre les puristes comme les nouveaux venus.

Tous les singles sont d’ailleurs accompagnés de clips magnifiques qui collent parfaitement à l’ambiance générale proposée ici. Avec “The Grand Delusion“, on a affaire à du power metal efficace mené par un tempo rapide et une rythmique nerveuse, le morceau conserve l’Adn symphonique propre au groupe tout en injectant une énergie guerrière évidente. Ambre Vourvahis adapte sa voix à cette urgence musicale, privilégiant un registre rock puissant et direct, parfait pour porter l’esprit combatif du titre qui traite de la désillusion brutale vécue sur le champ de bataille. Un autre morceau comme “Masquerade“ nous entraine alors dans une atmosphère théâtrale et baroque. Le combo joue sur les contrastes avec un rythme saccadé et des orchestrations grandiloquentes rappelant l’univers d’un opéra de metal noir et angoissant. Les guitares lourdes soutiennent des arrangements de cordes dramatiques. Ambre Vourvahis y livre une performance schizophrénique, alternant entre des voix lyriques haut perchées et des lignes de chant plus cyniques et théâtrales. Là encore une belle réussite. On pourrait citer encore “The Last Generation“, titre lourd et direct avec une section rythmique agressive. C’est résolument moderne, presque dystopique, avec de légères touches électroniques en fond sonore, idéal pour le live. Le piano de Richard Wang (pianiste hollywoodien reconnu pour avoir travaillé au sein des prestigieux studios de Hans Zimmer) engendre une profondeur dramatique typique des grandes bandes originales de films. Un vrai must. Ambre quant à elle y déploie alors ses growls les plus profonds et viscéraux, qui viennent heurter un refrain pourtant très accrocheur et fédérateur. Le piano procure là une profondeur dramatique typique des grandes bandes originales de films. Un vrai must. Auquel se greffe une chorale d’enfants Sweet Teens. Le contraste entre les voix pures et innocentes de ces jeunes choristes, les growls agressifs d’Ambre et la thématique du déclin de l’humanité apporte un aspect poignant.

Enfin, “The Poetry of the Real World“, avant-dernier titre, constitue une surprise. Les capacités mélodiques et innovatrices sont nettement démontrées par Xandria sur Eclipse, une ambiance intimiste et épurée avec une montée en puissance. Le point d’orgue est un solo de guitare progressif aérien, directement inspiré du style de Pink Floyd, qui tranche littéralement avec le reste des chansons. La voix vous embarque dans un style rock mid-range, très doux et mélancolique qui se fait très émotionnel. Une réflexion philosophique sur la beauté brute de la réalité, loin des illusions et des croyances. Et « Lore » vient clore en beauté cette galette magistrale, du folk celtique mélangé au métal symphonique de grande envergure. Les cornemuses, flûtes et chœurs massifs se mêlent à des riffs heavy traditionnels hérités des années 1980. Plus de huit minutes accompagnées par une structure complexe, changeante qui s’achève sur un final orchestral grandiose allié à une superbe intervention au violon d’Ally Storch (violoniste officielle de Subway to Sally, groupe bien connu de gothic/folk metal outre-Rhin) qui apporte une authenticité organique et une vibrante intensité celtique qui subliment le final épique. Juste magnifique, quel titre ! Le chant quant à lui est démonstration totale de la polyvalence d’Ambre qui synthétise en un seul morceau le chant lyrique, le chant rock et le growl, une diversité vocale intelligente et très bien dispatchée. Une belle démonstration !

Entièrement conçu sous la houlette de Marco Heubaum, le cerveau et guitariste de Xandria, au sein de son propre studio, le Neverworld Studio, le bougre a donc réussi à fusionner sur ce nouveau chapitre du groupe de metal symphonique européenne, des guitares modernes accordées très bas (style djent/modern metal) avec des structures de power metal des années 80. Jacob Hansen (Volbeat, Epica, Arch Enemy) quant à lui apporte ce son massif qui fait la part belle aux guitares et à la batterie, un équilibre parfait avec les orchestrations hollywoodiennes. Eclipse brise les codes du metal symphonique traditionnel. A découvrir urgemment, si ce n’est pas déjà fait, sans attendre la prochaine éclipse totale du soleil qui aura lieu en France le 03/09/2081 !! [Pascal « Moon » Beaumont]

Édité avec PrettyUp

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