
Deux ans après le remarqué Social Grace suivi du single « Barracuda » (reprise de HEART) début 2025, le quatuor de la Nouvelle-Orléans Brat récidive déjà avec Manslayer, un second brûlot death/grind de power violence tout aussi percutant et au titre sanglant, avec toujours ce sens du sarcasme dans leurs titres de chansons dépeignant notre société contemporaine, enfin surtout américaine mais pas que car les thèmes sont enfin de compte ici tout à fait universels, comme, malheureusement, les féminicides et les homicides… Et musicalement, Manslayer répond tout à fait aux promesses et orientations artistiques évoquées sans trop de détails en conclusion de notre de notre tout premier entretien avec la chanteuse Liz Selfish et le guitariste/principal compositeur Brenner Moate en 2025. Défendant alors sur scène Social Grace, ils nous confièrent certainement s’orienter davantage vers un death metal old school et délaisser quelque peu le grindcore et le côté fun zumbacore.
Et à la première écoute, c’est exactement ça : Brat rentre dans le tas, avec la même fraîcheur de leurs débuts, mais avec un côté plus gras et sombre, nettement plus typé death metal, un niveau technique aussi au dessus. C’est un moins basique, dirons-nous. Passée l’intro faite de sample de voix et d’une instrumentale bien heavy idéale pour débuter les prochains shows du groupe, « Aileen Wuornos » puis « Speculum Bleed » font une entrée fracassante, avec une production sonore un poil plus dynamique, de terribles mosh parts et des riffs de dingues. Quant aux growls de la miss Barbie (elle aime quand on lui dit qu’elle joue du barbie core), ils sont tout simplement impressionnants ! Si on en fut convaincu en live en 2025, il manquait néanmoins un peu de conviction sur scène et de charisme, car une fois l’effet zumba rigolo et le côté barbie core affichés, leurs shows manquaient terriblement de peps avec sa chanteuse. Et c’est là que les zicos qui entourent Liz Selfish font la différence, notamment l’impressionnant batteur Dustin Eagan qui cogne comme un malade sur ses caisses claires !
Comprenant dix-sept plages dont au moins trois interludes faits de divers samples et passages instrumentaux, Manslayer prend clairement position face aux féminicides qui sévissent toujours chaque jour dans nos sociétés en 2026. La power violence de Brat ici dénonce tout cela, à l’image de la chanson-titre et son vidéo clip, mais aussi à travers des morceaux encore plus heavy parfois, comme « Trophy Hunting », « Asking For Hell » carrément crustcore, ou « Femicidal Vengeance » où l’on retrouve en invité à la guitare notre ami David Davidson des excellents REVOCATION (voir notre interview de 2025 ici-même et sur METAL OBS TV) qui balance un excellent solo de gratte bien old school à la fin de la chanson, entre DEATH et MORBID ANGEL, lui qui pourtant évolue dans un death metal bien plus technique et moderne sur une autre scène, celle de Boston.
Les influences punk/hardcore qui se fondent totalement dans le death metal bien gras de Brat ne sont pas oubliées, comme sur des relances de breaks faites à la batterie sur « Spit On His Grave » ou l’excellent « Heretic Burning » avec ses crachats et ses g, où la basse de Ian Hennessy groove et la guitare de Brenner Moate shredde à tout va jusqu’à faire saigner vos oreilles avant de méchantes accélérations et cris à tout va. Et que dire du featuring final sur « Blistered Tongues » où Brat invite l’une des pionnières du hardcore/metal avec un chant féminin, la très respectable et respectée Candace Kucsulain (enfin désormais Buckingham). On ne pouvait rêver mieux, tant dans le propos lyrique ici que dans l’attitude. Le duo vocal d’anthologie ici entre Liz et Candace est tout simplement imparable et monstrueux, faisant idéalement au passage le teasing pour le prochain album de WALLS OF JERICHO, System Error: Humanity, qui débarque en novembre prochain (interview à venir sur Metalobs.com bien entendu).

Alors bien sûr, sur Manslayer, Brat ne change pas totalement de braquet et on retrouve sa patte, ce qui est déjà bon signe pour un seulement second album. On apprécie toujours autant son death/grind qui tabasse aux relents de power violence à la mode, et on est étonné par une telle montée en puissance et l’aspect mortifère et malsain qui règne tout du long, avec toujours en ligne de mire, un certain combat contre les violences en général, et en particulier celles encore perpétrées envers le femmes. Reste qu’en live, Brat devra muscler ses concerts et proposer un show moins basique car une fois l’effet de surprise passé avec les chorégraphies de danse et combat de Liz Selfish, on était resté sur notre faim alors que derrière, les zicos envoyaient sacrément du steak. Mais au vu de la qualité des nouvelles compos, alors on est confiant et Brat devrait sérieusement passer encore un cap avec Manslayer. [Seigneur Fred]

–> Nouvelle interview de BRAT très bientôt !!! En attendant, retrouvez notre précédent entretien avec Liz Selfish (chant) & Brenner Moate (guitares) rencontrés dans les coulisses du festival RIIP FEST en 2025 pour leur album Social Grace (Prosthetic Rec./2025) :
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