CORROSION OF CONFORMITY : Good God / Baad Man

Good God / Baad Man - CORROSION OF CONFORMITY
CORROSION OF CONFORMITY
Good God / Baad Man
Southern heavy/stoner metal
Nuclear Blast

CORROSION OF CONFORMITY, ou C.O.C. pour les die hard fans, souvenez-vous ce sont les auteurs, entre autres, des énormes Deliverance et Wiseblood (album qui leur permit d’ouvre alors pour la tournée de Load de METALLICA !) parus chez Columbia dans les années 90, deux albums marqueurs d’un véritable tournant dans la carrière des Yankees, ou plutôt des Sudistes, puisque c’est Pepper Keenan, arrivé en 1989 au poste de guitariste/chanteur, qui prendra les rênes du chant, mais aussi de la composition, avec le toujours fidèle et présent Woody Weatherman à la guitare. Bon, entre-temps, les réjouissances n’était pas vraiment à la fête, entre le décès du regretté batteur historique Reed Mullin (R.I.P.) en 2020, et le départ du bassiste Mike Dean, principalement pour des raisons personnelles et logistiques (il habite à Raleigh en Caroline du Nord, et non plus en Louisiane et ne pouvait plus gérer les répétitions et tournées du fait de ses obligations familiales, et souhaite se concentrer sur des nouvelles productions musicales locales, bien qu’il garde contact avec ses potes de La Nouvelle-Orléans).

C.OC. signe donc ici son grand retour discographique sans eux, sans Mike Dean, lui qui a beaucoup contribué à l’évolution du son des Américains, et ce, malgré plusieurs allers-retours dans le line-up, jusqu’à l’album No Cross No Crown paru en 2018. Ayant recruté Bobby Landgraf (ex-DOWN) et Nick Shabatura (Absent Mind, ex-Smells Like Nirvana) respectivement aux postes de bassiste et batteurs, l’aventure continue donc pour le quatuor, comme l’avait déclaré en 2024 le membre de DOWN et C.O.C. Et c’est même carrément un double album dont il est question cette fois, séparé en deux parties, Good Good et Baad Man, pour un total de quatorze titres. Le tout a été ici produit par l’immense Warren Riker (DOWN, CROWBER, CATHEDRAL…FUGEES !!!) et enregistré aux studios Blak Shak à Riffissippi aux États-Unis, aux studios Dockside à Maurice en Louisiane, et au studio personnel de Barry Gibb (BEE GEES) à Miami. L’artwork est quant à lui signé Scott Guion.

Good God débute donc par un « Good God / Final Dawn » bien heavy et très southern rock dans l’esprit, suivi d’un puissant « You Or Me » pourvu d’un intermède psychédélique et d’un final tonitruant. Le troisième titre, « Gimme Some More » à l’esprit punk hardcore, voit lui deux featurings de marque s’inviter à la fête puisque derrière les backing se cachent Al Jourgensen (Ministry) et le guitariste Monte Pittman (Prong, Ministry).

Bien que ce soit depuis peu Nick Shabatura qui désormais la charge d’assurer les futures dates en concert de COC, c’est bien Stanton Moore qui martyrise ici sa caisse claire. Pour la petite histoire, celui-ci avait déjà rejoint le groupe en 2025 pour enregistrer In The Arms of God en 2025. Et franchement cette section rythmique avec Bobby Landgraff à la basse envoie du bois et groove à merveille ! Good God s’achève d’abord avec un « The Handler » nerveux puis par « Run Fot Your Life », un long voyage stoner rock de neuf minutes avec des spoken words signés Jason Everman (vous savez, le guitariste de rock qui avait joué soit-disant sur Bleach de Nirvana (mais surtout payé l’enregistrement de près de 500 $, obligeant le groupe à le créditer au verso de l’album) et aussi en tant que guitariste pour Soundgarden).

Place maintenant à Baad Man, qui s’ouvre sur un titre éponyme, groovy et très rock dans l’esprit. Le même constat est fait pour « Lose Yourself », on se retrouve avec ces deux chansons en terres bien connues. Alors qu' »Asleep On The Killing Floor » se veut plus frontal, on pourra s’attarder sur la partie instrumentale du morceau, qui permet encore une fois d’apprécier la prestation XXL de la section rythmique. Cette seconde galette se démarque aussi avec le bluesy et décomplexé « Handcuff County » ainsi que la ballade country blues intitulée « Brickman ». Mais c’est surtout le denier titre proposé par la formation américaine qui retient l’attention, ce « Forever Amplified »  intense qui voit la participation de la puissante chanteuse de la New Orléans Anjelika “Jelly” Joseph. Une belle conclusion pour cette seconde partie plus variée mais moins rentre-dedans que Good God dirons nous.

Ainsi, cette double galette nécessitera certainement plusieurs écoutes pour être digérée, appréciée ou…boudée. Mais quoi qu’il en soit, COC n’aura pas triché sur la quantité et la qualité au menu de ce Good God / Baad Man. A noter que la formation prévoit de venir en découdre en Europe et notamment dans plusieurs festivals, dont le Hellfest, le Download Festival, le Wacken Open Air et le Brutal Assault. [Norman « Sargento » Garcia – Photo : Danin Drahos]

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