
On connait tous la théorie de l’évolution de Charles Darwin formulée en 1859, mais connaissez-vous celle de DARKTHRONE ? Souvenez-vous de leur premier méfait Soulside Journey en 1991 ! La jhorde norvégienne pratiquait alors un death metal scandinave proche de ses voisins suédois, avant de changer subitement de fusil d’épaule en 1993 pour sonner black metal sur l’album culte A Blaze In A Northern Sky. Le reste appartient à l’histoire… Et pour nos amis Nocturno Culto et Fenriz, cette théorie pourrait être davantage qualifiée de « théorie de la régression » à vrai dire… En effet, plus les années passent, et plus le célèbre duo norvégien revient à ses premiers amours musicaux de jeunesse, à savoir le heavy metal, le punk rock (la période des disques F.O.A.D. et Dark Thrones and Black Flags en 2007-2008), le doom (la fin de l’album The Underground Resistance), mais aussi le metal progressif old school parfois comme sur Old Star Eternal Hails, et enfin le proto metal extrême (HELLHAMMER, VENOM, BATHORY, etc.) des années 1980… Nous y voilà. En 2026, DARKTHRONE effectue avec Pre-Historic Metal un retour assumé et vintage dans le passé du metal en puisant dans ses racines d’antan. Pour ce vingt-deuxième album studio de DARKTHRONE, nous avons interrogé son principal compositeur (Nocturno Culto ayant moins participé cette), et malgré les années, on retrouve toujours un Fenriz toujours prolixe et un brin farceur… [Entretien réalisé avec Gylve « Fenriz » Nagell (batterie, chant) par Dave & Seigneur Fred – Photos : DR]

Peux-tu tout d’abord te présenter, au cas où certains lecteurs ne nous croiraient pas… ?
Salut ! Je suis Fenriz, je viens de manger. Là, j’ai mangé du pain pita, des radis et des falafels, et j’ai écouté l’album The Other People Place (dont Caton de DEATHHAMMER est également un grand fan) et maintenant je suis prêt pour répondre à cet entretien. (sourires)
Quel est ton sentiment sur les premiers retours obtenus sur Internet, quelques jours seulement après la sortie de ce nouvel album Pre-Historic Metal ? Et question simple : pourquoi n’y a-t-il donc pas de promotion préalable pour les médias comme nous avant chaque sortie d’album de DARKTHRONE en général, en collaboration avec Peaceville Records depuis plusieurs années ? C’est toujours après… Peut-être est-ce une décision prise d’un commun accord entre vous et votre label historique ?
Je ne reçois aucun retour, tous les retours sont des bruits de fond excessifs. Dans quoi volonté être le ( toujours ) prochain album donc J’ai été protégé depuis La plupart des commentaires datent de plusieurs décennies. De plus, je ne suis présent sur aucun réseau social. Mais certaines connaissances toujours obtient au-delà du bouclier et il semble Ils aiment beaucoup cette nouvelle piste en fin d’album « Eon 4 », ce qui me laisse perplexe, mais bon, au moins quelqu’un écoute et s’en soucie – et cette connaissance pourrait l’être. On dit qu’il faut être positif. Moi aussi, souvenez-vous de la maison de disques désirant tel morceau en tant que single ou tel autre, ha ha, je ne peux pas voir ce que j’ai fait dans cette chanson qui était donc spéciale, à l’exception du riff de malade à la Randy Rhoads/Jake E. Lee qu’on y trouve, dont le travail rend fantastiquement bien avec le son de guitare de Ted (=Nocturno Culto) cette fois. Ah ah !! (rires)
Pour la promotion de l’album, c’est difficile pour le service des promotions du label fasse en sorte que Ted suive et mène cela, tel un capitaine de navire. Et il travaille à côté. Alors c’est presque inédit qu’il accorde des entretiens, et on ne veut donc aucune copie promotionnelle jusqu’à la sortie de l’album. Son avis ou son idée est que c’est plus cool pour les fans et je ne peux m’empêcher de le soutenir à vrai dire… Moi-même, je pense pareil, et pourtant j’ai réalisé 300 épisodes de podcast pour divers artistes et sujets. Maintenant, parlons metal et présentation autre, pour la musique du peuple. Et je dois dire que quand j’ai finalement quitté le circuit promotionnel mondial il y a presque dix années, cela fut plus comme un soulagement car on avait toujours la peur de rater quelque chose. C’était fou, on en devenait malade. Mais j’y suis encore depuis un certain temps, encore dans le milieu, écoutant entre 600 et 800 sorties d’albums ou EP par an. Avec l’ âge, la tête , les oreilles et le cerveau sont remplis de metal. Depuis cette accumulation à travers plusieurs décennies maintenant, alors il s’agit plutôt de se retirer avec élégance et de trouver un peu d’AIR (NDLR : clin d’œil au groupe français ?) au milieu de ce brouhaha constant, he he !! (rires)

Pourquoi avez-vous, toi Fenriz et/ou Ted (Nocturno) choisi ce titre curieux, à la fois vintage et provocateur : Pre-Historic Metal ? Est-ce une façon de revenir aux sources du metal ? Aux origines de DARKTHRONE ? Un hommage aux pionniers du metal comme CELTIC FROST, VENOM, BATHORY, etc. ?
Hum… Je n’aime pas abîmer un titre ni trop en dire, dans ma tête c’est toujours une question de titres et de quoi ils pourrait méchant envers n’importe qui. À mon avis, tout nom de piste est donc indésirable dans un ouvrage. J’adore certains titres. Moi-même, par exemple « Andromeda Strain », mais je ne le voudrais pas. il On m’a expliqué que lorsque j’aime un titre, j’aime le laisser tel quel. mijoter et mijoter dans mon esprit toujours et ne pas être sans aucune interférence de qui que ce soit, pas même des membres du groupe ou quoi que ce soit d’autre. Donc je rarement lire des livres sur les carrières d’ autres personnes ou des interviews pour s’en inspirer mon déjà une impression musicale des groupes – j’aime me faire ma propre impression propre L’esprit . La pochette et le titre de l’album était déjà prêt depuis des années et des années, l’album se serait alors appelé « Deeply Rooted » et sa pochette représentait des racines, des pierres et de la mousse. Mais comme l’enregistrement approchait de plus en plus, un nouveau souffle a pris le contrôle et la séance en studio est devenue un peu plus agitée que je ne l’aurai pensé et alors que j’écoutais « The Barbarian » de Manninya Blade et puis j’ai trouvé une chanson-titre de l’album : Draconian Loyalty (sous titré : Pre-Historic Metal). J’ai donc décidé d’abandonner le titre et la pochette de l’album et plutôt m’orienter sur une pochette comme celle de Legiones d’ACERO LETAL, parfaite pour un t-shirt. Nous avions alors une bonne illustration pour un t-shirt, puis une collaboration avec l’artiste. Cela a pris plus de temps que prévu, j’ai aussi fait des croquis, un peu inspirés par l’album Back to the Stone Age de PUKE (que j’adore !) et ensuite quand il j’étais proche de la date limite Je pensais : « Pendant tout ce temps, j’ai écouté en boucle l’album Obsessed by Cruelty (version Steamhammer LP) de SODOM de 1986, un des albums les plus importants de ma vie, et si la pochette n’est pas prête, alors je me suis dit : « Prenons des photos de moi, de ce que je ressens à l’intérieur, pendant en écoutant cet album ». Finalement, ça s’est bien passé donc soudainement après un certain temps nous avait deux couvertures tout comme le premier album de DEATHROW, qui nous Love et Ted voulaient tous les deux la couverture dessinée comme couverture principale, mais je trouvais que ma photo (on ne voit pas mon visage, ce n’est pas important qu’il figure sur la pochette, je n’aime pas la célébrité de toute façon) était plutôt comme un coup de poing en plein visage, alors… La maison de disques est partie sur cette couverture en noir et blanc de moi, et l’a sélectionnée comme celle principale et l’artwork dessiné servant pour une autre version du disque : pour l’ édition spéciale limitée sur laquelle aussi j’ai travaillé dur, conjointement avec Matt et Paul de Peaceville Records.
Ce nouvel enregistrement contient huit morceaux, assez courts, principalement basés sur les riffs de guitare. Là aussi, c’est un retour aux sources pour DARKTHRONE ? C’était la volonté de Nocturno Culto peut-être, parce qu’il est souvent en charge des parties de guitare, non ?
Ha ha !! (rires) La batterie représente environ 15 % de mon travail sur Darkthrone, j’en ai fait le plus gros. Des riffs de guitare sur cet album, c’est sûr qu’il en est question. Et non, ce fut une décision commune avant de faire l’album afin d’avoir des chansons plus courtes et plus efficaces, mais au moins la même chose qu’avant : ce sont encore des riffs, toujours plus de riffs. On ne discute pas généralement beaucoup avant un album afin de ne pas mettre de pression ou de laisser présager l’un l’autre et si on discute, c’est très vaguement en termes de direction en fait. Ted finalement apporté son duvet porte-pédalier qu’il aurait dû avoir lors que l’on a fait notre premier album au studio Chaka Khan. Donc là, j’ai enfin la guitare et le son souhaité pour que mes riffs soient nécessaires, eh he ! (rires) et qu’ils sonnent très fort dans le son des guitares. Notre base est constituée de démos que nous avons faites dans les années 80, mais il faut remettre dans le contexte et se souvenir que nous n’étions pas super compétents en 1988. Et ce que je voulais à l’époque était rarement remonté à la surface, mais dans les décennies suivante, ça a changé. En commençant à travailler sur des albums aux studios Chaka Khan en 2020, j’ai pu commencer à composer le type de chansons que je voulais et que j’avais imaginé en 1987 et 88 et même début 1989. J’avais alors réalisé plusieurs de ces longues épopées, écrivant des chansons interminables sur ces quatre albums, mais une seule sur l’ album Pre-Historic Metal figure : « Siberian Dawn ». On ne prévoit pas d’ en faire d’ autres sur le prochain album, en fait, car comme dit l’expression : « quand l’Homme fait des projets, souvent les dieux rient »… Tu demandais si l’on voulait revenir à nos origines en quelque sort, et bien c’est ce dont on vient de parler. De plus, toute musique heavy issue des années 1960, 70, jusqu’à 1989, c’est probablement en nous les principales impressions qui ont marqué DARKTHRONE jusqu’à présent dans notre carrière. En fin de compte, on aime se considérer comme un groupe des années 1970’s qui voudrait sonner comme en 1986 ou quelque chose du genre.

Vous avez déclaré à propos de Pre-Historic Metal : « Sur les enregistrements, on ne sait pas clairement qui joue… ». Que vouliez-vous dire, toi et Ted, exactement ? Est-ce que toi, batteur et chanteur, tu as interchangé ton poste avec celui de Ted aux guitares et l’autre chant plus growlé sur les nouveaux morceaux, comme c’était déjà le cas souvent par le passé pour les parties vocales ?
Oui, Ted le voulait encore plus de collaboration en studio qu’avant et sans préciser qui a fait quoi sur telle ou telle chanson, et qui a joué à tel moment tel instrument. En résumé, Ted joue donc absolument la plupart des guitares, car il est guitariste fiable alors que moi je suis, disons, un peu plus brouillon mais créatif en termes d’ harmonies. C’est un bon rôle pour moi, et donc on se complète. De même pour la basse ici et là et soudain Ted a voulu que j’assure presque la moitié des voix et je me suis mis à chanter comme un fou furieux en studio, en sueur et vête d’une veste en cuir thrash metal en poussant des cris (comme sur le premier album d’ONSLAUGHT !). (sourires)
2026 est l’année du retour de Darkthrone ! Eh oui, déjà, deux ans après le correct It Beckons Us All…. On ne présente plus le duo constitué de Fenriz (batterie, chant) et Nocturno Culto (guitares, chant), et qui occupe une place privilégiée sur la scène norvégienne de black metal depuis des lustres. Ils appartiennent même à l’Histoire du même. Et à ce titre, les huit nouvelles pistes de leur vingt-deuxième album studio (!!), savamment baptisé Pre-historic Metal et produit chez Peaceville Records (leur label historique, tant controversé lors de la publication de Transilvanian Hunger avec sa phrase au verso « Norsk Arisk Black Metal »…), trouveront probablement leur place dans le cœur des fans et de ceux qui suivent les évolutions (ou régressions, diront certains) du binôme norvégien, au fil des ans, ainsi que de leur style : riffs heavy, son brut, presque « caverneux », ou «garage », et chants tantôt criés, parfois clairs, comme Fenriz décide de s’appliquer derrière ses fûts.
Le concept de metal préhistorique intrigue néanmoins, notamment ceux qui ont pour les passionnés d’histoire et d’archéologie, mais il repose sur une idée finalement assez simple : revenir à un son particulier, résolument metal, c’est-à-dire aux origines d’un genre arborescent comme le BM, bref, à ce son primitif des années 1980 qui a tant influencé la seconde vague BM en Europe et tout particulièrement en Scandinavie. N’oublions pas cependant que Darkthrone commença d’abord par jouer du death metal à ses tous débuts (cf. leur premier LP Soulside Journey en 1991), avant de virer subitement black. Mais nous sommes ici dans le retour à un metal primitif, comme nos comparses aiment à le faire depuis déjà plusieurs albums après leur période punk/black metal’n roll (2007-2008)…
La galette s’ouvre sur « They found one of my graves », un morceau qui représente parfaitement cette volonté d’invoquer un son old-school de proto-metal, presque « qu’usé par le temps », non pas pour le copier, mais comme fondements pour quelque chose de nouveau, et en utilisant des influences variées (heavy, thrash, death, doom…). Accordé juste un ton plus bas qu’un Iron Maiden, on retrouve cependant un riffing typique de la NWOBHM, avant d’accélérer sur un rythme galopant. La fin mélodieuse est intéressante, limite heavy/doom. On est loin dans tous les cas de la violence d’un glaçant A Blaze In The Northern Sky ici, vous l’aurez compris. Mais c’est le titre éponyme « Pre-historic Metal », qui enclenche plus particulièrement cette démarche quasi rituelle, avec son chant aux allures d’incantations, et ses riffs rapides et cycliques. Puis « Siberian Thaw », troisième plage de l’album, installe le décor et le contexte, avec son ambiance lourde, presque doom, et ses incantations : « Siberian Thaw ! Siberian Thaw ! Siberian Thaw ! ». « Deeply rooted » est ensuite, selon nous, la chanson la plus 80’s de cet album, pas forcément très rapide, mais diablement efficace, tandis que « The dry Wells of Hell » est celle qui arbore le son le plus heavy et entrainant. Le très mélodique et instrumental « So I marched to the Sunken Empire », et son ambiance presque psychédélique, voire cosmique (souvenez-vous des pochettes des albums Total Death ou plus récemment Eternal Hails…), ouvre un passage vers une fin de disque plus pesante et lourde. Enfin, « Eat eat eat your pride » est un titre plus lourd, plus puissant, invitant à déchainer la rage qui est en nous, et basculer vers les ténèbres. C’est la saga « Eon », débutée jadis en 2008 sur l’album Frosland Tapes, qui clôture ce Pre-Historic Metal. On a droit une quatrième fois à une sorte d’incantation du Nécromancien, énumérant les différents noms et attributs du personnage, mais réveillant surtout le son typique et reconnaissable de Darkthrone, avec ses riffs lourds.
Peut-être moins percutant qu’un Transilvanian Hunger, ou même que les plus récents Old Star ou Arctic Thunder, plutôt bons et paradoxalement novateurs, Pre-historic Metal est un album parfaitement ancré dans le son et les évolutions de Darkthrone, totalement vintage et assumé, et qui cherche juste à se faire plaisir, même si c’est bien connu : c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. Certains fans le considéreront alors comme un énième album qui saura probablement se faire quand même une jolie place dans la discographie très fournie et poussiéreuse de ce duo norvégien, d’autres, juste comme une vaste blague vintage sans intérêt à notre époque où tout va très vite, à l’opposé des chansons ici. [Miju 666]
=> INTERVIEW BIENTÔT DE DARKTHRONE AVEC FENRIZ ET/OU NOCTURNO CULTO ICI !!

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