CRYPTOPSY : An Insatiable Violence

Après un retour fracassant de nos amis québécois de CRYPTOPSY en 2023 avec l’album As Gomorrah Burns (‪@seasonofmist‬) (faisant au passage référence à l’ancien nom du groupe en 1992) qui mettait fin à un silence discographique de près de dix ans (hormis 2 maigres EP’s The Book Of Suffering 1 et 2 pour ronger notre attente) alors que leur album éponyme n’avait pas vraiment convaincu en 2012, nous avons de nouveau taillé une bavette avec le growler francophone (mais d’origine anglophone) Matt McGachy, toujours aussi sympathique. Ce dernier nous parle de l’intense activité des champions du hyper blast metal (ou brutal death metal pour faire simple) et de leur neuvième bombe intitulé An Insatiable Violence (‪@seasonofmist‬). Tout un programme, non sans humour… On a même essayé de piéger notre cousin canadien très prolixe en lui présentant une bière française faite de la lave de volcan puisque Matt McGachy mène lui-même une émission sur sa chaîne YouTube et podcast ⁨‪@VoxandHops‬ sur internet, quand il ne hurle pas dans CRYPTOPSY… [Entretien réalisé par Zoom avec Matt McGachy (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Dead Eyes Replete » par CRYPTOPSY extrait de l’album An Insatiable Violence (Season of Mist)

->> Single « Malicious Needs » par CRYPTOPSY extrait de l’album An Insatiable Violence (Season of Mist)

An Insatiable Violence - CRYPTOPSY
CRYPTOPSY
An Insatiable Violence
Brutal death metal
Season of Mist

Tabernacle !! Que ça fait mal par où ça passe cette nouvelle déflagration sonore et (super)sonique de CRYPTOPSY ! Nos cousins québécois ne chôment depuis le plutôt bon As Gomorrah Burns paru en 2023 et qui mettait fin à leur contrat avec Nuclear Blast. Aujourd’hui, ils récidivent de plus belle sur le label français Season of Mist, et sont visiblement en pleine forme, comme s’ils voulaient rattraper le temps perdu de ces dernières années de disette discographique depuis 2012. Ok, nous eûmes droit à quelques gâteries avec EP’s successifs The Book Of Suffering (en 2015 et 2018). Sur cette neuvième boucherie entre amis, à l’artwork réussi, réalisé par leur ancien camarde et chanteur intérimaire Martin Lacroix (qui officia uniquement l’album live None So Live en 2003) et à qui An Insatiable Violence est également dédié (R.I.P., mort en 2024), point de préliminaire ou de pincette !! Les quatre mercenaires Christian Donaldson (guitares), Olivier Pinard (bassiste), l’ancien Tourangeau Flo Mounier (batterie, également membre des excellents VLTIMAS), et le chanteur Matt McGachy envoient la sauce d’emblée ! Et ça commence avec le morceau « The Nimis Adoration ». D »ailleurs on sent bien que le frontman (également éducateur dans un jardin d’enfants à Montréal dans le civil) s’est fait un malin plaisir dans l’écriture de ses paroles, étant parfois inspiré par ses propres rêves, comme il nous l’a confié en interview ci-dessus. A commencer par le titre de l’album, An Insatiable Violence. De toute façon, il n’y a ici point de tromperie sur la marchandise, on est clairement là dans la violence musicale, mais une violence parfaitement maîtrisée et exécutée, qui comblera les appétits des fans les plus voraces en matière de brutal death metal technique, ou hyper blast metal, comme nos Canadiens aimaient à se qualifier à une époque où ils innovaient et avaient surpris tout le monde dans le domaine de la brutalité. Sur les morceaux « Until There’s Nothing Left », ou le premier single « Dead Eyes Replete », c’est l’apothéose. Aucun minute de répit, l’hémorragie de vos oreilles va être ici continue…

Derrière les fûts, Flo Mounier cogne sévère et impressionne par sa vélocité (comme sur chacun de ses enregistrements d’ailleurs), et atteint des sommets de rapidité dans ses blasts beats, proches des derniers BENIGHTED ou ARCHSPIRE avec qui la concurrence est devenue sérieusement rude. Et quand on écoute le résultat, on pense à l’ancienne génération et des formations cultes telles que GORGUTS, bien sûr, mais aussi les Américains de CANNIBAL CORPSE, sauf que là, on est encore un, voire deux cran(s), au-dessus en matière de violence. A la basse, Olivier Pinard apporte un certain groove depuis déjà quelques années (2011), rendant les rythmiques plus groovy et moins froides, comme sur les breaks finaux du titre « Until There’s Nothing Left » ou au milieu de l’excellent « Malicious Needs ». Il faut arriver à suivre car la moindre erreur d’inattention, et c’est une baffe en pleine tronche que l’on se prend et n’a pas vu venir (« Fools Last Acclaim »). Côté guitares, si bien sûr certains fans (nous les premiers) sont quelque peu nostalgiques de l’époque de la paire John Levasseur/Eric Langlois (basse), Christian Donaldson apporte toutefois un habile jeu plus moderne et vif, mais pas si éloigné de son illustre prédécesseur en fin de compte. Ils enchaînent des riffs plus monstrueux les uns que les autres (« The Nimis Adoration » ). A noter que c’est aussi le guitariste Donaldson qui a enregistré, mixé et masterisé dans son home studio la bête, alors il sait de quoi il parle le bougre, et met à l’honneur tout le travail du quatuor, y compris son instrument. Parfois la cadencen ralentit légèrement, c’est alors très heavy et extrêmement sombre, poisseux (« The Art Of Emptiness ») avant que ça ne reparte de plus belle (le traître « Our Great Deception »). Il y a quelques orchestrations et intros plus originales qui amènent un peu de saveur dans ce déluge de blasts beats et d’enchaînements de riffs plus vicieux et puissants les uns que les autres, comme sur « Embrace The Nihility », qui rappellerait presque le dernier Bucéphale de nos amis de NOSTROMO par moment. Enfin, au micro, quelle performance vocale qui gère totalement son organe sans bousiller sa voix depuis qu’il a adapté sa technique vocale il y a quelques années comme il nous l’avait expliqué en entretien en 2023 pour As Gomorahh Burns. Et c’est l’ultime « Malicious Seeds » qui conclut encore très méchamment ces brutales hostilités sur An Insatiable Violence avec un final très heavy et plus mélodieux, avec même des screams au côté des grows de Matt McGachy. Terrible ! Alors si vous voulez vous en prendre plein la tête durant et que vous aimez le brutal death/grind avec une production sonore moderne et des musiciens plus motivés que jamais, ruez-vous sur cette nouvelle livraison de CRYPTOPSY. Maintenant, on les attend de pieds fermes sur le Vieux Continent pour voir et entendre avec plaisir oute cette violence musicale s’exprimer sur scène et dans le pit. [Seigneur Fred]

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