Attention, chef d’œuvre ! Que vous soyez amateurs de France Musique ou Radio Metal, ce septième effort de Funeral est à la fois un disque à ne pas mettre entre n’importe quelles oreilles d’âmes déprimées, et aussi recommander à tous les adeptes de musique classique et de doom metal. Le pont musical est, certes, facile et caricatural, mais il y a vraiment de ça chez ces Norvégiens. Et le résultat est tout simplement ici splendide. Succédant au très bon Praesentialis in Aeternum qui voyait le sextet scandinave revenir sérieusement aux affaires après neuf ans de silence radio, les rythmes lancinants et les riffs abyssaux embellis d’arrangements et moult sections à cordes (violon norvégien Hardanger, violoncelle, etc.) de grande classe, mais aussi d’instruments folk (nyckelharpa ou viole suédoise) savamment utilisés et apportés par la nouvelle recrue et pas des moindres, Ingvild « Sareeta » Johannesen (violoniste et chanteuse des excellents Ram-Zet).
L’ensemble rend ces neuf nouvelles compositions totalement dramatiques et hypnotiques. L’auditeur est alors subjugué, et la monotonie laisse place à un spleen presque jouissif. Après, on aime ou pas le chant lyrique baryton d’Eirik Krokfjord, mais Funeral a au moins le mérite de détonner sur la scène, demeurant un groupe intègre et à part, et ce, depuis 1991, malgré un spleen, pardon un split en 2003 ! En cet automne 2024, Gospel Of Bones s’avère tout simplement une magnifique ode à la tristesse. [Seigneur Fred]
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