
Après l’interview de son directeur/cofondateur Yann Le Baraillec, suivie de notre (très difficile) sélection de la programmation 2025, voici comme chaque année notre habituel live report du festival breton Motocultor qui avait lieu à Carhaix, et ce pour la troisième fois, du 14 au 17 août 2025. Et l’affiche exceptionnelle en termes de concerts n’a pas déçu ! Cette seizième édition fut encore un pur moment de bonheur, de découvertes, décibels, de chaleur (rare en terre du Finistère), mais aussi de poussière dans le pit… Avec 63 000 festivaliers présents cette année, le Motoc’ confirme sa place de second festival metal en France, et revêt une dimension particulière de par son éclectisme musical, son ambiance, faisant incontestablement partie des grands festivals rock et metal européens. Les shows de ses têtes d’affiche internationales comme MACHINE HEAD, EXTREME, BLIND GUARDIAN, DIMMU BORGIR, DARK ANGEL ou KERRY KING ont ravi les fans même si tout ne fut pas parfait, encore une fois… En plus, on vous a en plus ramené de belles interviews brutes dans l’ambiance du festival malgré notre fatigue, dont une exclusivité avec nos amis norvégiens d’ENSLAVED (comme MARDUK ou HATEBREED en 2023). Un grand merci aux organisateurs, bénévoles, attaché(e)s de presse et artistes pour leur, toujours, grande disponibilité, à nos requêtes. [Live report : texte par Seigneur Fred ; Photos : Morbidou & Seigneur Fred, Martine Varago]

Et les fans de DOGMA sont déjà nombreux et prêts, malgré la chaleur à Carhaix pour ce seizième Motocultor, édition 2025 !

JEUDI 14/08/2025
Rendez-vous était pris avec DOGMA sur la Dave Mustage, non pas en ouverture de la messe (elle viendra bien plus tard avec BATUSHKA), mais bel et bien des festivités metal à Carhaix. Nous étions à l’heure dans le pit déjà chaud bouillant. Sans préliminaire, les cinq nonnes à l’identité mystérieuse entament un set sobre mais efficace, jouant un heavy metal plutôt mélodieux mené par la voix claire de sa chanteuse Lilith qui nous lasse vite cependant. En fait, leur show est surtout basé sur l’esthétique. Vêtues en tenues de bonnes sœurs à la Sister Act, et maquillées de noir et blanc, mais avec une attitude volontairement provocatrice un peu à la Madonna (« Like A Prayer ») et des accoutrements peu catholiques, leurs jambes apparaissent très souvent entrouvertes… Cela ravit d’ailleurs l’auditoire majoritairement masculine, et les fans au taquet au premier rang du pit ne s’y trompent pas. Si musicalement, ça ne révolutionne rien, et que ce genre de groupes se multiplie ces dernières années (GHOST en pionnier du genre), on passe un bon moment et le show monte un peu en peu en puissance avec des morceaux plus heavy alors que le soleil, en plein visage sur nos bonnes sœurs au visage grimé. Un second album devrait paraître bientôt sur le label américain MNRK Heavy.







Après avoir eu une intervention divine en rencontrant Jésus-Christ en personne au bar sous une tente afin de se désaltérer, direction sur la scène voisine (la fameuse Supositor Stage désormais collée à la main stage) avec nos voisins helvètes de VERSATILE que l’on avait récemment interviewés ici et sur METAL OBS TV et dont on attendait beaucoup de leur prestation scénique après la parution de leur solide premier album très prometteur Les Litanies du Vide (Les Acteurs de l’Ombre Prod.) (lire notre chronique ici) influencé à la fois par leurs compatriotes de SYBREED (récemment reformés) pour le côté électro, et surtout DIMMU BORGIR (période Puritanical Euphoric Misanthropia), CRADLE OF FILTH, et SAMAEL (que l’on croisera ici plus tard). Et là encore, nos espoirs sont confirmés en live. Ecumant les salles de concerts un peu partout ces derniers mois, il s’agit de la plus grosse performance à ce jour du combo suisse. Et c’est au Motocultor que ça se passe, devant des milliers de spectateurs en ce premier jour ! La température monte alors clairement de plusieurs degrés, grâce à une musique sombre et bien plus puissante que leurs prédécesseures de DOGMA, et à une mise en scène plus poussée, même si certains grands masques à plume sont absent. Mais pourtant, même en plein jour, accompagnée de pyrotechnie et autres flammes des enfers, leur musique fait mouche. Inspiré par la célèbre Cour des Miracles de Paris, leur univers post apocalyptique décadent sied à merveille avec leur black metal contemporain aux fortes sonorités électro/indus. A noter la présence du batteur Morphée que nous avions déjà interviewé, alors que sur disque, il s’agit d’une programmation de la batterie.

Si l’ambiance de l’album est glaciale, ici c’est plutôt la fournaise dans le pit, grâce notamment à grand renfort de flammes (peut-être un peu trop, mais il faut faire le show, et en plein jour, pas facile pour du black metal même contemporain). Le public très fourni à cette heure de l’après-midi, réagit fort bien à l’écoute de leurs singles « Morphée », « Graisse » ou le terrible « Monstre » malgré la chaleur. Nos amis suisses de VERSATILE ont marqué les esprits à coup sûr aujourd’hui, et on leur souhaite plein de bonnes choses, comme un concert au Hellfest à Clisson l’an prochain, qui sait ? Le sourire de son chanteur Hatred Salander croisé à plusieurs reprises durant le festival ne fut d’ailleurs pas innocent à ce sujet…




Plus anecdotique sur la Massey Ferguscène, on découvre les sympathiques THE CALLOUS DAOBOYS jouant une sorte de punk/thrashcore folklorique assez barré. Esprit Motocultor oblige !! Et ce n’est que le début des festivités en ce premier jour !

Il est passé quatre heures. L’heure de la récréation a sonné avec HELLDEBERT sur la Dave Mustage. A défaut d’espérer depuis de nombreuses années voir un jour ici MEGADETH au Motocultor (son leader Dave Mustaine ayant annoncé son arrêt), c’est l’artiste français Guillaume Alderbert (en interview ici) qui vient présenter son album plus adulte, Enfantillages 666, destiné à l’apprentissage du metal mainstream aux petits comme aux grands enfants que nous sommes tous. Il tourne et le présente depuis plusieurs mois dans tous les Zéniths de France et rencontre un beau succès. Si l’audience n’est pas totalement acquise à sa cause ici, il fédère très vite le public avec des chansons mid-tempo simples mais abordables, gentillettes même, dirons-nous, avec en point d’orgue, forcément, l’une des stars qui a influencé l’adolescence du parolier français, Max Cavalera (ex-SEPULTURA, SOULFLY, CAVALERA CONSPIRACY…) présent ce même jour pour jouer quelques heures plus tard avec son side-project récemment relancé : NAILBOMB. Un duo sympathique sans non plus être transcendant. Honnêtement, on aurait préféré un ULTRA VOMIT mais bon, ce sera pour l’an prochain, qui sait ?



Mais la récréation est loin d’être terminée puisque l’on va retrouver un joyeux bordel plus violent mais tout aussi puéril dans le pit voisin de la Supositor Stage avec le grindcore des Tchèques de GUTALAX. Enfin, leur gore grindcore pour être plus précis. Un joli moment de poésie dans la joie et la bonne humeur alors qu’on commence sérieusement déjà à mordre la poussière dans le pit sous le soleil de Carhaix…


Pendant ce temps-là, le post rock/metal des Girondins de YEAR OF NO LIGHT sévit sous la tente de la Massey Ferguscène…

A présent, nous avons droit à deux salles, deux ambiances, ou plutôt deux scènes, deux ambiances, et comme souvent, nous allons tâcher d’écouter et voir les deux. Sur la Dave Mustage, TESSERACT donne ce que les fans du groupe britannique attendent, à savoir un metalcore dynamique et accessible, avec des refrains catchy sous des superbes lumières…

Plus rare en France et pour la première fois au Motocultor, nous allons plutôt privilégier le concert des Polonais de ME AND THAT MAN qui achèvent ici leur tournée européenne, menés par Nergal, le chanteur/guitariste de BEHEMOTH, déjà coutumier du Motocultor pour son principal groupe avec lequel il a encore joué en 2022. Sous des lights sobres et en plein jour, pas facile pour Nergal mais il a connu bien pire avec BEHEMOTH, et il est ravi d’être sur la Bruce Dickinscène pour nous dévoiler cette autre facette artistique, tout aussi sombre mais bien plus abordable, en interprétant plusieurs chansons envoûtantes de son troisième et dernier opus en date : New Man, New Songs, Same Shit, Vol. 2 (Napalm Records, 2021).


Pour ceux qui ne connaîtraient pas, le leader de BEHEMOTH n’hésitera pas à se présenter au public breton, notamment avant de reprendre le fameux « Black metal » de VENOM, dans une version non pas black metal ici justement, mais blues dark rock surprenante. ME AND THAT MAN rend hommage à ses pairs du blues, country et dark folk/rock, allant de Johnny Cash à Nick Cave en passant par la période la plus rock de DEPECHE MODE (Personal Jesus). Nous aurons également droit à la reprise du célèbre « Paranoid » de BLACK SABBATH pour un hommage à Ozzy Osbourne (R.I.P.) récemment décédé. Superbe concert qui permet à la fois aux fans de BEHEMOTH et les néophytes, de faire une pause non metal, dans une ambiance toute aussi sombre en fin de compte. Mais sincèrement, outre la qualité des compositions et d’interprétation, si Nergal n’était pas connu avec BEHEMOTH, il faut bien avouer que ce genre de musique est courante dans le genre, et que ME AND THAT MAN n’aurait peut-être pas attiré autant de spectateurs en ce premier jour au Motocultor…

Encore une fois, deux salles, deux ambiances, avec NE OBLIVISCARIS et leur black metal mélodique et progressif de toute beauté, trop rare live en France, et aussi NAILBOMB récemment reformé sous l’impulsion de son co-fondateur Max Cavalera, alors que ce side-project de l’ancien leader de SEPULTURA, et actuel SOULFLY, CAVALERA CONSPIRACY, était en sommeil depuis 1996 et seulement auteur d’un album culte studio, Point Blank (Roadrunner Rec. 1994) et d’un album live. Et là encore, nous serons sur le terrain et assisterons aux deux évènements au festival Motocultor.

Tout d’abord, nous nous nous préparons dans le pit devant la Supositor Stage à mordre la poussière avec NAILBOMB, car on sait que, malgré les années, ça va être violent, le thrashcore indus des Américains ne faisant pas de quartier. Et c’est un bingo ! Passé une intro très classique tiré de la musique du film culte Orange Mécanique, remixant du Beethoven en version électro/ambient, c’est le titre « Wasted Away » qui résonne à Carhaix, suivi de « Toma No Cú » et « 24 hour bullshit » qui font un carnage dans le pit devenu vite poussiéreux. Si la setlist sera identique à celle du Wacken Open Air quelques semaines plus tôt et que dans les autres festivals d’été dans lesquels NAILBOMB déchaîne encore les foules. Le guitariste/chanteur américano-brésilien Max Cavalera est en belle forme et affiche un beau sourire, au côté de son fils Igor Amadeus Cavalera à la guitare. A l’extrême droite de la scène, la fiancée justement du fils de Max Cavalera est énergique et se fait entendre malgré les samples balancés par le DJ à gauche de la scène et les trois guitares présentes (un autre guitariste se situe à gauche). Malheureusement ce soir, point d’Alex Newport (ex-FUDGE TUNNEL), ni Dino Cazares (FEAR FACTORY) qui jouera au Motoc’ le dimanche), ni bien entendu Andreas Kisser (SEPULTURA) ou son frère Igor Cavalera, ni d’Evan Seinfeld (BIOHAZARD) dans le line-up live 2025. Mais la venue de NAILBOMB récemment reformé constitue à elle seul un évènement en soi et était l’un des moments forts attends sur le festival. Personne ne fut donc déçu, et on mange déjà de la poussière en temps chaud et ensoleillé en Finistère.





Et dans le même temps, par respect envers NE OBLIVISCARIS, trop rares dans nos contrées, nous nous rendons vite voir le show des Australiens où le violoniste au chant clair nous saisit avec émotion. Leur musique black metal mélodique et progressive teintée de folklore s’avère néanmoins plus heavy que sur album. Très bonne impression, bien que cela fusse trop court pour apprécier totalement les chansons de leur excellent dernier album en date Exul (Season of Mist). (Notre chronique et interview en 2023 de NE OBLIVISCARIS à retrouver dans notre magazine METAL OBS p. 20)

Dilemme là encore, avec un choix cornélien à faire entre MOGWAÏ, formation de pop/électro qui fait un peu office d’OVNI ici mais c’est là tout l’éclectisme de ce festival metal breton si singulier, et le hard rock doomy seventies des Suédois de WITCHCRAFT dont le dernier album Idag est paru en mai 2025 (Heavy Psych Sounds Records). Là encore, nous assisterons aux deux par acquis de conscience, mais aussi pour ne pas rater une miette de la qualité des deux prestations. Mention très bien à la performance de la bassiste de WITCHCRAFT, elle fut incroyable !







La soirée ne fait que commencer car tout le monde attend maintenant que MAGMA qui avait faux bond l’an dernier (2024) au festival Motocultor à cause d’une blessure au coude de son batteur si notre mémoire est bonne… Ce n’est que partie remise à ce soir donc, et les fans du célèbre collectif français de rock progressif se massent sous la tente de la Massey Ferguscène où les lumières sont superbes. Et on se dit que ça doit être difficile de sonoriser tout cela ! 4 choristes, 2 claviéristes, 1 batteur et 1 percussionniste, un chanteur principal, un guitariste, etc. Et hasard des circonstances, lors de notre covoiturage jusqu’à Carhaix-Plouguer, nous prîmes à Rennes le sympathique Ronan, l’ingé son scène de MAGMA en dépannage car l’ingé son titulaire ne pouvant assurer ce concert au Motocultor. Merci à lui pour son boulot car cela doit être bien plus complexe à effectuer les balances et sonoriser un tel groupe, plutôt que pour un simple groupe de grindcore finalement…

Les chansons étant relativement longues chez MAGMA et toute en progression, nous restâmes que durant la moitié du show des Français très bien accueillis, car un autre ami nous attendait sur la Supositor Stage ce jeudi soir : le charismatique chanteur francophone (mais désormais domicilié aux Etats-Unis (Floride)) Maurizio Iacono de KATAKLYSM (également fondateur du side project heavy/death metal épique EX-DEO dont vous pouvez toujours découvrir notre interview avec le principal intéressé ici en vidéo enregistré un jour de grippe…). Et tabernacle ! Le frontman et excellent communiquant commanda un circle pit et aussi une déferlante de slammers, et le public qui lui mangea dans la main s’exécuta. Quant au service de sécurité, il ne chôma pas de la soirée. Comme d’habitude, avec KATALKLYSM, ce fut donc une bonne grosse claque death metal que nous prîmes en pleine poire à cette heure avancée de la soirée ! Un death metal extrêmement puissant mais teinté de mélodies groove metal parfois, sur les dernières compos du quatuor québécois. Malheureusement le son était tellement (trop !) fort qu’il n’était pas toujours facile d’apprécier les subtilités live. Un super show en béton quoiqu’il en soit et un moment fort entre cousins ! Comme on l’espérait, ce fut cataclysmique dans le pit breton au cœur de la nuit et du Finistère.





Un monde fou déjà se positionne pour le show suivant des Américains d‘I PREVAIL dans le pit et les tribunes VIP afin de mieux pouvoir admirer le spectacle à venir…

Originaire du Michigan, là où a justement vécu entre-temps notre cousin Maurizio (KATAKLYSM, EX-DEO) après avoir déménagé de Montréal (Canada) pour la Floride (USA), voici I PREVAIL donc. On était impatient de voir leur show au vu de la qualité de leurs 3 premiers LP très prometteurs : Lifelines (2016), Trauma (2019, et True Power (2024) et point de déception encore ce soir. Leur quatrième skeud, Violent Nature, devrait débarquer en septembre chez Fearless Records. Et quel show ! A grand renfort de pyrotechnie qui va réchauffer encore l’atmosphère, idéale à cette heure tardive, les fans de metalcore/new deathcore se massent et ça va remuer encore une fois dans le pit en cette presque fin de première journée seulement ! Un très bon moment, avec un chanteur Eric Vanlerberghe là aussi en pleine forme.




Enfin, pour terminer la soirée, encore un casse-tête chinois, ou plutôt breton, puisque jouent simultanément l’excellent combo de rock/metal alternatif et progressif DOOL (déjà mis en une de notre magazine avec son incroyable chanteure/se Raven van Dorst (anciennement Ella Bandita)) sur la Massey Ferguscène, et les légendaires SAMAEL sur la Supositor Stage.



Là encore, nous tenterons d’assister aux deux shows de qualité, sobres mais soignés, même si une certaine lassitude nous prit durant le set des Helvètes, même si la bande à Xorp, Xy (aux claviers et percussions électroniques) se font trop rares à notre goût dans l’Hexagone (peut-être à cause de la fatigue après seulement ce premier jour d’excellente facture) avant de tirer notre révérence. A noter la chute du guitariste suisse Drop sur le devant droit de la scène, au bout d’un premier quart d’heure jusqu’à là sans accroc. Le musicien, très mobile, fit justement un drop derrière l’ampli de retour… Pas de blessure mais ensuite un petit souci au niveau de sa prise et de son câble jack de guitare. Petite déception, de ce que nous avons vu (et donc pas le concert en entier), SAMAEL ne joua plus de son vieux répertoire, mais enchaîna les titres électro/indus dark metal de ses derniers brûlots dont Solar Soul. A présent, on aimerait bien avoir un successeur à Hegemony (Napalm Rec.) paru en 2017 !



Bonne nuit les ami(e)s !!
VENDREDI 15/08/2025
En ce deuxième jour de festivités, les fans de HOULE sont déjà au rendez-vous, ainsi que le service bénévole de prévention mené par une association locale pour lutter contre les violences sexuelles et harcèlements, même en festival (voir plus bas sur cette page). En attendant, petit jeu : d’après vous, qui étaient le ou les intrus parmi les photos de fans de HOULE ci-dessous ?





Croisée l’an dernier ici-même parmi les nombreux métalleux à Carhaix lors du concert de RÜYYN en 2024, la chanteuse Adèle, alias « Cafard » (ou anciennement Adsagsona) nous avait souri quand nous lui avions lancé : « Alors, à quand HOULE au Motoc’ maintenant que vous avez joué au Hellfest sur la même scène que SATYRICON et EMPEROR ?? ». Eh bien, les portes de Kerampuilh s’ouvrent en grand cette année 2025 en tout début de cette seconde journée du Motocultor torride ! Alors qu’une foule de fans se masse devant la Dave Mustage et que les fans, comme nous, sont déjà au taquet dans le pit (enfin sauf dans le pit presse où notre photographe attitré, Morbidou, arrivera quelque peu en retard pour cette grosse journée en perspective). Avec leur mise en scène axée sur la mer et les hommes, la troupe francilienne de black metal mélodique dont le guitariste et principal compositeur Crabe est originaire de Brest prend possession de la scène et va tout donner car nos marins ne font pas semblant. Piochant dans leur petite mais déjà solide discographie, à savoir un EP éponyme (2023) et un premier LP prometteur Ciel Cendre et Misère noire (LADLO), HOULE impressionne par sa jeune fougue, et ce, malgré les imprévus (la sangle du bassiste Græy Gaast ne cessera de lâcher, chose rare avec un strap block fixé normalement…).


Totalement habitée, la chanteuse portant une lanterne, parfois un harpon, ou bien une bouteille de (vrai) vin rouge quelque peu échaudée, livre une prestation comme si c’était la dernière, alors que ses musiciens, sous leurs imperméables noirs et déchirés, sont concentrés sur leurs instruments. Derrière ses fûts, Vikter harangue parfois le public, et les chœurs des musiciens renforcent ce sentiment de rage et désespoir, teinté de mélancolie. Superbes accueil et impression donc pour HOULE qui, on l’espère, ira loin dans son odyssée musicale. Un nouvel album est en préparation, nous confieront en interview Adèle et Vikter….








Nous enchaînons avec un autre espoir de la scène française, VESTIGE, qui, en jouant à ces horaires avancés comme HOULE, a le mérite de délivrer des prestations fortes avec tout le cœur et la passion afin de prouver son talent en live. C’est l’intérêt et la caractéristique des outsiders et talents d’aujourd’hui ou de demain contrairement aux têtes d’affiche qui arrivent souvent avec le public dans leur poche. Alors que le quatuor francilien a joué également au Hellfest mais tout récemment, en juin 2025, la plupart des personnes découvrent alors ces jeunes challengers même s’il y a déjà des fans. C’est sous la tente de Massez Ferguscène que le quatuor de metalcore atmosphérique, là aussi francilien, va nous présenter son premier album, Janis (SOM-2024) ainsi que son tout nouveau single « Envy » paru cet été. Celui-ci sonne plus musclé. Sous des lumières plutôt discrètes, VESTIGE va progressivement monter en puissance car leur musique que l’on pourrait qualifier de post metalcore plus précisément, requiert un peu de temps pour prendre son envol. Là encore, le public est au-rendez-vous, majoritairement en mode découverte. A revoir dans de meilleures conditions néanmoins pour totalement apprécier leur musique. Le groupe de prépare déjà un second album avec minutie et beaucoup de travail pour 2026 ou 2027. [Notre interview post Hellfest 2025 de VESTIGE à retrouver ici]


Apprenant tout juste l’annulation des black/death metalleux gaulois de BELENOS à notre grand désespoir (car ça faisait déjà pas mal d’années que nous ne les avions pas revus au Motocutor breton), on n’a donc aucun choix cornélien à faire. Direction la Dave Mustage pour revoir nos amis stéphanois de BENIGHTED, très attendus ici et connus. On sait que ça va être la boucherie, et le quatuor français, habitués du Motoc’ ne va pas faire semblant. Balançant ses derniers morceaux assassins de brutal death/grindcore extraits de l’énorme Ekbom, les festivaliers vont vite remuer le pit avec circle pit, slams, et autres pogos de rigueur. Le problème est que par cette chaleur écrasante, la prairie n’est que terre sèche, et nous allons respirer et littéralement manger de la poussière, et son chanteur Julien Truchan aussi, en façade, le vent allant dans son sens. Après GUTALAX la veille, le vainqueur du jour haut la main en matière de violence sonore et de circle-pits sera assurément notre Juju et ses compères de BENIGHTED. A noter toujours la présence d’un unique guitariste sur scène, Emmanuelle Dalle, les pistes de l’autre guitare étant samplée (auparavant assurée par Fabien « Fack » Desjardins (FREITOT)) et diffusée parallèlement. Mention au batteur de session live intérimaire, Siebe Hermans ou Flo Musil (dans la poussière du pit, nous ne distinguons pas bien le cogneur de service), qui a la lourde tâche de succéder à l’excellent Kévin Paradis qui fut tout aussi impressionnant ! Chapeau les gars, on ne s’en lasse pas de voir BENIGHTED en concert car vous faites toujours un malheur !!





Parfaite succession dans cette excellente programmation musicale 2025 aux inévitables bouleversements, SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION remplace aux pieds levés RECTAL SMEGMA sur la Supositor Stage. Du grindcore décalé à du grind plus classique, les amateurs n’y perdent pas trop au change en fin de compte ! Nos poètes et vétérans français du metal extrême entament un set old school, classique mais ô combien destructeur. Impeccable, leur chanteur Seb, affiche une belle forme à 51 ans. Respect ! N’oubliez pas leur dernier album : The Macabre Voodoo Messiah of Masochism and Fetishism, paru en avril 2025 chez Selfmadegod Records.

Ensuite, notre cœur balance, une fois n’est pas coutume, entre la nouvelle sensation anglaise deathcore/indus HERIOT, menée depuis quelques années seulement par la jeune guitariste/chanteuse Debby (voir notre interview ici pour la promotion de leur tout premier album Devoured by the Mouth of Hell en 2024 (Century Media Rec.)) et les Yankees de WAYFARER dont les albums studio respectifs nous avaient tous deux fort séduits. Si l’on attendait beaucoup de HERIOT, peut-être trop, nous avons trouvé que le show peinait à décoller, malgré leur expérience scénique en petite ou grande configuration (ils ont déjà joué au Bloodstock Festival en Grande-Bretagne ou au Hellfest en France). Beaucoup de spectateurs découvraient le deathcore/hardcore teinté de sonorités indus/noise mais voilà, les breaks et passages relativement répétitifs tuaient un peu les compositions de nos amis rosbifs et là où l’on aurait voulu que HERIOT fasse parler la poudre, l’atmosphère retombait malheureusement. Peut-être que les conditions festivalières n’étaient pas idéales en plein air et en plein jour, ou bien la plus grande subtilité des morceaux de leur pourtant premier LP s’apprécie davantage à l’écoute sur disque. Il faut dire que nos Anglais achevaient là, comme la plupart des artistes présents au Motocultor, leur tournée européenne.




Quant à WAYFARER dans lequel on ne retrouva pas le batteur commun de BLOOD INCANTATION, à notre grand regret, on prolongea l’expérience rock/folk bluesy de la veille laissée par Nergal avec son ME AND THAT MAN sur la même scène (Bruce Dickinscène), mais dans une version western plus heavy et surtout black metal ici. Contrairement à HERIOT, leur show passa mieux et rencontra un vif succès, mais là encore, il vaut mieux écouter ce genre de musique sur disque, en témoigne leur dernier petit chef d’œuvre American Gothic paru en 2023 (album du mois à METAL OBS – Century Media Rec.) que nous vous recommandons chaudement. Précédente interview à retrouver ici, et nouvel entretien à chaud juste après leur set au Motocultor 2025 à visionner bientôt ici…

Croisé à deux reprises sans leurs masques dorés quelques heures à peine avant (backstage, et au stand de dédicaces du festival), nous allons, bien sûr, rendre visite à notre ami Zachary Ezrin et ses deux compères, excellents musiciens diplômés de Berkley, d’IMPERIAL TRIUMPHANT, d’abord sans, puis avec les masques…

Le trio américain de black/death metal avant-gardiste avait déjà foulé la scène du Motocultor mais c’était en plein air. Cette fois, pour IMPERIAL TRIUMPHANT, ça se passe sur la Massey Ferguscène, et cela convient davantage au style complexe, dissonant et plutôt technique des New-Yorkais dont la thématique lyrique est basée justement sur leur ville, son atmosphère, et son architecture. Mais nous restâmes toutefois un peu sur notre faim pour en apprécier pleinement la substantifique moelle, alors que les végétaliens TO THE GRAVE ravira les plus jeunes (mais pas que) avec leur metalcore énergique provocateur et catchy à l’effet bœuf immédiat ! Ou plutôt cochon… !







A présent, deux scènes, deux ambiances : du death metal old school des pionniers du genre outre-Manche avec BENEDICTION (interview 2025 du chanteur Dave Ingram à voir ici) ; et BLACKBRIAR avec son gothic metal symphonique dont le nouvel album paraît ce même mois d’août 2025 chez Nuclear Blast (interview et chronique à retrouver ici). Très attendus tous les deux, BENEDICTION livrera un concert puissant et fédérateur, laissant tout le monde dans la poussière devant la Dave Mustage. Quelle force et quelle énergie à leur âge ! Juste après leur set, nous croisons Dave, mesurant près de deux mètres, quelque peu fatigué, et c’est bien normal ! Jetez une oreille à leur très bon dernier brûlot Ravages of Empire (Nuclear Blast-2025, chronique & interview à lire ici).




Sur le terrain, entre les différentes scènes, nous avons rencontré à plusieurs reprises trois membres bénévoles de l’Asso de prévention Nous Toutes 29 présentes sur le Motocultor. Merci à elles pour leur travail de prévention. Petit rappel : « céder n’est pas consentir »…


Plus gentillet et en plein jour (pas facile pour une jeune formation de gothic metal), BLACKBRIAR reçut simultanément un bel accueil sur la Bruce Dickinscène. Et si la mode du metal symphonique avait tendance à décliner ces dernières années dans les programmations des festivals metal français, n’attirant plus trop, le Hellfest remit à l’honneur cette année le genre, avec les plus beaux fleurons du genre mené par des artistes féminines : EPICA, WITHIN TEMPTATION, VISIONS OF ATLANTIS, CHARLOTTE WESSELS, etc. Plus timidement, les Bataves de BLACKBRIAR furent le seul dans le genre à Carhaix, avec peut-être LACUNA COIL, dans un genre néanmoins plus populaire, plus dark et new metal que l’on verra un peu plus tard le même jour. La chanteuse Zora Cock était radieuse malgré le soleil en façade, réfléchissant alors la lumière, difficile pour nos photographes. Très proche de leurs compatriotes de DELAIN et leur ex-chanteuse CHARLOTTE WESSELS, leur musique est à la fois heavy et atmosphérique. Les fans du genre furent ravis, et nous aussi, cependant. Les chansons très travaillées de leur troisième opus A Thousand Little Deaths passèrent haut la main le test du live (« Floriography », « A Last Sight of Bliss », « Harpy »)… [Interview de BLACKBRIAR et la chronique de l’album à retrouver ici]






Nos voisins Belges d’ENTHRONED ayant annulé leur venue, à notre grand regret (difficile de savoir pour quelle(s) raison(s) exacte(s), même sur leur page Facebook officielle), ce sont nos amis méridionaux de DARKENHÖLD qui se substituent pour du black metal, certes, moins violent et occulte, mais avec son style lyrique francophone passionnant basé sur des histoires imaginaires tirés du folklore médiéval du Comté de Nice. En plein jour, le chanteur Cervantes, tout vêtu de noir, et ses sbires, ne déçurent pas, et si les morceaux majoritairement mid-tempo peuvent manquer d’agressivité à la longue, les racines sont bel et bien old school, issues de la seconde vague black metal scandinave des années 1990. Ecoutez leur dernier opus, Le Fléau du Rocher (LADLO – 2025). [Interview de Cervantes et chronique album à retrouver ici]




Dans un registre païen et folk, les Vikings de SKALMÖLD nous offrent un superbe show de folk pagan metal donc, et les fans présents à la séance de dédicaces sont ravis. Superbe transition avec DARKENHÖLD et avant EIVOR, plus tard, sur cette même scène.

Mais simultanément, place à l’une des grosses têtes d’affiche du jour : LACUNA COIL. Jamais venus au Motocultor, Andrea Ferro et Cristina Scabbia retrouvent un public français qui les attendait vivement !! Ciao a tutti !!

Superbe accueil donc, et ambiance garantie. Même s’il n’y a plus cette douce mélancolie méditerranéenne des débuts (In A Reverie, Halflife, Unleashed Memories, et surtout leur chef d’oeuvre récemment revisité, Comalies…) au profit d’un new/dark metal plus nettement plus heavy et à la mode, on est littéralement porté par les mélodies des Milanais. Il faut dire que LACUNA COIL règne en maître auprès des EVANESCENCE et bien d’autres artistes qu’ils ont inspirés depuis presque une petite trentaine maintenant sur la scène new/gothic metal depuis la fin des années 1990… Belle carrière, superbement résumée à travers les chansons de leur dernier album Sleepless Empire [notre chronique à retrouver ici] dont les singles font tous un carton plein et sont repris en chœur (« I Wish You Were Dead »). [Interview de LACUNA COIL à voir ici]. Malheureusement, nous ne pûmes assister à tout leur show à cause d’un planning d’interviews chargé ce jour-là. Mais à voir Cristina, Marco, Andrea et cie en coulisses après leur show, avec leur maquillage qui coulait, ils étaient plutôt heureux de leur première venue au Motocultor et reviendrons !

On les voit très souvent en concerts ici ou là, en tournée ou durant les festivals, KLONE, qui a publié l’an dernier un album d’inédits plutôt réussi même si moins aventureux et ambitieux que leur Voyage, chef d’oeuvre. Nos Poitevins évoluent désormais dans un rock metal progressif de grande classe, même s’ils n’oublient jamais leurs racines metal. Ilsse produisaient indoors sur la Massey Ferscuscène, dans le même temps que d’autres Latins après LACUNA COIL, ténors du death metal symphonique : FLESHGOD APOCALYPSE. Avec leur mise en scène volontairement baroque, ils font sérieusement concurrence aux pionniers SEPTICFLESH qui ont véritablement popularisé ce genre. Leur line-up a un peu évolué ces dernières années avec la présence constante d’une chanteuse. Bon show, mais à voir dans de meilleures conditions néanmoins pour mieux apprécier la subtilité de leurs orchestrations.


A présent, place au King (of thrash) : KERRY KING !

SLAYER n’est jamais venu au Motocultor, ni MEGADETH (et c’est mal engagé pour ce dernier, Dave Mustaine ayant annoncé qu’il raccrochait à présent), nous avons l’honneur cette année d’avoir KERRY KING, l’ex-guitariste de MEGADETH (bon, ok, c’était en 1984), et ex ou actuel guitariste de SLAYER (on ne sait plus trop à force alors que le groupe de Huntington Park avait officiellement splitté en 2019, concluant sa carrière par un album live The Repentless Killogy), ils se sont reformés au printemps 2024 pour donner une poignée de shows outre-Atlantique). Auteur d’un premier album solo entouré de Paul Bostaph (batterie), Mark Osegueda (DEATH ANGEL), Phil Demmel (VIO-LENCE, ex-MACHINE HEAD) et du bassiste moins connu et plutôt mobile Kyle Sanders (ex-HELLYEAH). Et quelle claque thrash !! Ce fut exactement ce que l’on espérait, débutant par l’intro « Diablo » suivie de « Where I Reign », même si le guitariste de SLAYER s’avèr toujours aussi statique sur la droite de la scène, mais dégainant des riffs imparables toujours aussi percutants et inspirés. Véritable frontman en forme olympique (jouer du thrash passé la cinquantaine a du bon, la preuve!), le chanteur de DEATH ANGEL (d’ores-et-déjà programmé en 2026) fait un boulot de dingue, s’époumonant avec une rage communicative et dans un timbre de voix plus proche (et surtout plus juste) que son confrère Tom Araya. Énorme ! Du punk « Two Fists » au plus classique « Idle Hands » qui fut le premier single du King of thrash en passant par le très explicite « Rage » ou l’excellent « Residue », on ne cesse de headbanguer. En fin de set, les fans de SLAYER eurent même droit à deux classiques : « Raining Blood » et « Black Magic », alors qu’en milieu de set, ce furent les reprises « Disciple » et « Repentless », du répertoire plus récent du fameux membre du Big Four of Thrash. Au final, KERRY KING en tête d’affiche ne déçut pas, même si l’on aurait aimé peut-être un show moins convenu.

Autre style, autre ambiance, et c’est là la force du Motocultor, nous ne voulions pas manquer pour rien au monde la venue de l’artiste féroïenne EIVØR sur la Bruce Dickinscène. Là aussi, superbe show, plus intimiste et tranquille, c’est sûr, mais son néo folk nous a charmés. Sous des lumières majoritairement froides (bleues), la chanteuse et multi-instrumentiste (guitare, tambour, etc.) affiche une grande classe et un large sourire face à l’accueil des festivaliers, en majorité, très probablement, des fans de WARDRUNA qu’ils virent ici-même en 2023, mais qui, entre-temps, furent certainement déçus de l’annulation de HEILUNG à deux reprises. Les spectateurs furent donc comblés, notamment avec l’interprétation du titre « The Last Kingdom : The Beloveds » qui fit l’objet en 2023 d’un vidéo clip et de bande sonore de la saison 5 de la série TV Last Kingdom. La prochaine fois, nous ne manquerons pas d’interviewer EIVØR car ce fut tout simplement magnifique !



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