Petits frérots de Witchorious, Fátima, ou autres talentueux et confirmés Mars Red Sky, voici les Français d’Oda. Ce jeune trio parisien a émergé en 2021 des cendres d’un autre précédent trio, plutôt rock celui-ci, Wør Pigs. Si nous avions eu déjà un avant-goût de leur stoner/doom fumant l’été dernier (2024) avec le single « Succubus » qui abordait l’un des paradoxes de la vie, à savoir l’amour vécu comme une malédiction, une obsession, une lutte intérieure… En effet, jusqu’où aller pour se libérer de cet amour quand il est démoniaque ? « To be or not be, that’s the question », dirait le crâne dans Hamlet de Shakespeare s’il parlait, mais ici, l’amour, et donc la mort par alliance, est abordée à travers des riffs plombés et saturés à grand renfort de pédales fuzz et wah-wah, de mélodies entêtantes voire psychédéliques, et un chant exclusivement clair, mais qui se veut plus sauvage en live, d’après les dires de nos trois musiciens que nous avons d’ailleurs pu interviewer (à retrouver ici en vidéo et tout en bas de cette chronique) pour la sortie de ce premier LP intitulé Bloodstained.
Autoproduite, la galette est plutôt bien ficelée et mise en son, ce qui est un bon point avec un artwork classique mais totalement adapté à ce genre. Baigné par les vieux Kyuss, ou les derniers Truckfighters par exemple, mais aussi et surtout des choses plus sombres comme, bien sûr, Black Sabbath (il y a d’ailleurs un titre « Children of the Night » et non pas « Children of the grave », peut-être en clin d’œil au fameux groupe de Birmingham) mais aussi Electric Wizard, Orange Gobblin, Rezn, Monolord, ou leurs compatriotes cités en préambule de cette chronique, franchement Oda sonne déjà comme un grand. Les rythmiques sont appuyées grâce à la frappe du grand Cyril Thommeret derrière ses fûts, ce qui accentue cet atmosphère hypnotique, et le chant clair de Thomas Féraud sait laisser place justement aux longues plages instrumentales, même si les chœurs sont renforcés par moment par le bassiste Manu Brège. Cet autre et second single « Children of the Night », plus récent, et tout le reste de Bloodstained (composé de seulement six morceaux relativement longs), ont continué de conforter notre intérêt. D’autres morceaux lents et sinueux mettent en avant le talent perceptible qui ne demande ici qu’à se personnaliser avec le temps, dans le futur, avec peut-être plus de leads à l’unique guitare, ou une dynamique vocale plus contrastée, un peu à la Domkraft, pourquoi pas ? Bon, on a le droit de rêver, et on ne passe pas commande là pour une livraison Hubber Eats. Non. Alors laissons-les expérimenter pour l’heure afin de trouver leur voie, développer leurs ambiances gorgées de vieux films d’horreur, cela afin de monter en puissance grâce à leurs prestations scéniques qui se multiplient à droite à gauche en France. On connaissait le maître Yoda. Eh bien ! Il y a désormais les jeunes padawans d’Oda qui risquent fort de passer du côté sombre de la force du stoner/doom metal psychédélique devant les maîtres de Mars Red Sky qui eux, sont finalement moins dark dans leur attitude. A Quand une première partie assurée par Oda sur la prochaine tournée des Bordelais de Mars Red Sky ? Affaire à suivre. [Seigneur Fred]
Publicité
