VENOM : Welcome (back) to Hell !

Venom, le groupe mythique de Newcastle a débuté en 1979 et se retrouve désormais à son actif avec 15 albums pour 47 ans de carrière ! Une longévité exceptionnelle grâce à Cronos, le chanteur/bassiste légendaire, qui a su garder le vaisseau amiral à flot tout aux long de ces années malgré les tensions internes ! La formation anglaise est considérée à juste raison comme les précurseurs du thrash ainsi que du black metal, notamment avec ses 2 albums cultes : Welcome to Hell (1981) et Black Metal (1982) qui influencèrent Metallica, Slayer, Anthrax, Megadeth ou bien encore Mayhem ou Darkthrone ainsi que toute cette scène black norvégienne ! VENOM fut fondé à l’origine par Conrad « Cronos » Lant au chant, Anthony Bray « Abaddon » à la batterie (1979–1999) (actuellement dans Venom Inc.), et Jeffrey Dunn « Mantas » à la guitare (1979–1986, 1988–2002) (actuellement dans Venom Inc.). Le line up ultime a implosé au fil des années pour finalement et après de multiples changements se stabiliser autour de Stuart « Rage » Dixon aux guitares (depuis 2007) et Danny « Dante » Needham (batteur de Tony Martin, ex-chanteur de Black Sabbath) derrière les futs. Ensemble ou presque, ils ont enregistré 4 opus Hell (2008) sur lequel Danny « Dante » Needham ne figure pas, Fallen Angels (2011), From the Very Depths (2015), Storm the Gates (2018). Depuis, plus de nouvelles ou très peu avant ce retour en force tonitruant en 2026 avec ce 16ème effort : Into Oblivion (Noise Records/BMG). Et celui-ci s’avère être un très bon cru ! VENOM est en belle forme et offre ici un mix entre le son classique des années 80 qui fit la réputation du groupe britannique, et une approche plus moderne et mélodieuse, avec un Cronos impérial ! Suite à un imprévu, METAL OBS a tout de même eu la chance de s’entretenir avec le petit nouveau Danny « Dante » Needham, batteur sympathique et émérite pour faire le point sur la carrière de Venom et en savoir plus sur la conception et la gestation de Into Oblivion notamment au niveau du son de batterie et l’amitié qui unit les 3 musiciens ! Alors bienvenue en enfer ! [Entretien réalisé par Zoom avec Dante (batterie) par Pascal « Heavy » Beaumont et Dave Saint Amour – Photos : DR]

Into Oblivion - VENOM
VENOM
Into Oblivion
Heavy/speed/black metal
Noise Records/BMG

Si depuis quelques temps, on a surtout entendu parler de Venom à la rubrique judiciaire, avec les démêlés de Cronos versus Mantas & Abaddon, ses comparses des premières années, il ne faut en oublier pour autant le patrimoine du groupe anglais quarante ans plus tard, et encore aujourd’hui, de son vivant ! Car oui, Venom est bel et bien vivant ! Alors laissons un instant de côté la fin quelque peu pitoyable entre ses membres qui se déchirent et qui n’était pas, certes, pas de bon augure dernièrement après le passable Storm The Gates en 2018, et écoutons ce seizième album studio façonné outre-Manche par Cronos (basse/chant), Dante (batterie) et Rage (guitares). Et là, Into  Oblivion débarque presque par surprise. Et sans révolutionner le metal noir, ce dernier s’avère être un excellent album, doté d’une superbe production, proposant des titres courts, catchy, qui s’inscrivent dans la lignée de ce que fait Venom depuis des années, sans renier son héritage mais en le modernisant !

Treize titres donc, treize mini brûlots portés par la voix inimitable de Conrad Thomas Lant alias Cronos ! Le charismatique frontman qui porte le groupe culte anglais depuis des lustres n’a rien perdu de sa puissance vocale, malgré son âge. On pourra rétorquer qu’il n’a jamais été un « grand » chanteur (comme pas mal de formations de speed ou thrash nées dans les années 1980), mais là n’est pas le débat. Personne ne lui a jamais demandé de grimper dans les aigus ou de moduler ses vocaux pour caresser l’auditeur dans le sens du poil, mais au contraire, de se mettre au service des riffs et de tout arracher comme un diable ! En cela, Into Oblivion respire cette générosité, cette envie de donner aux membres des Légions (nom du fan club officiel de Venom) ce qu’ils sont en droit d’attendre !

Toujours épaulé par deux musiciens dont il ne cesse de tresser les louanges , Stuart « Rage » Dixon aux guitares et Danny « Dante » Needhan à la batterie, Cronos a rongé son frein pendant toute la pandémie, inondant selon ses propres dires ses complices de fichiers afin de bâtir, pierre par pierre, ce dix-septième album de Venom. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas fait les choses à moitié, le bougre ! Dès le morceau titre jusqu’à « Unlohy Mother », c’est donc un déluge d’agressivité auquel nous assistons où les riffs tranchants de Rage et la batterie incroyablement précise de Dante – le bonhomme qui joue au côté de Tony Martin (ex-Black Sabbath) nous a avoué en interview que son batteur préféré était Cozy Powel et vu son jeu, on peut penser qu’il en a également hérité sa patte – se mêlent à la basse du légendaire frontman Cronos (écoutez le donc lui faire quelques gâteries sur le single « Kicked outta hell », offrant à l’auditeur le meilleur de Venom !

Le batteur Dante s’est même payé le luxe de ré-enregistrer les parties de ce disque en studio car, après écoute, il ne les trouvait pas si bien que cela. Le perfectionnisme chez Venom ? Chose plutôt rare quand on connait les débuts et le niveau technique à leurs débuts. Les temps changent, et ça fait du bien malgré tout. Ainsi, nous avons droit à des morceaux lourds, des passages rapides, des moments quasi iconiques comme la partie centrale de « As Above, so Below » (peut être le meilleur titre de l’album). Rien ne manque à cette orgie sonore. Si on met de côté la production en acier typique du XXIe siècle, on se croirait revenu dans les années 80 quand le groupe vendait son âme aux dieux du rock’n’roll ! Et pour bien enfoncer le clou, le titre « Lay down your soul », autre single phare mis en avant avant la sortie d’Into Oblivion, est un vibrant hommage à l’album de toute une génération : le cultissisme Black Metal . Celui-ci fête d’ailleurs ses 45 ans cette année 2026, mais pas que ! Car au détour du texte, on surprend un passage qui balançant un « Welcome to the fucking hell », et un autre nous disant que la « Witching Hour » arrive enfin !

Into Oblivion n’oublie donc jamais les fans, leur donne ce qu’ils ont venus chercher et même un peu plus , huit ans après un Storm the Gates qui n’avait pas tout à fait donné satisfaction à l’auteur de ces lignes. Même la pochette, clin d’oeil évident aux deux premiers opus, une image diabolique que l’on sait inoffensive mais relativement efficace sur un t-shirt, nous le clame haut et fort : Venom ne reniera jamais son héritage !  Le 1er mai, c’est généralement et traditionnellement la fête du travail, mais en 2026, ce sera aussi le moment de vendre à nouveau nos âmes au diable, de lever notre poing et de ressortir nos bracelets à clous ! Venom is back et prêt à botter des culs par paquets de douze (=2 x 6, le chiffre du diable, eh eh !!) ! [Dave Saint Amour & Pascal « NWOBHM » Beaumont]

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