CAREGAH : Osmium

Si Osmium est le nom du premier album de Caregah récemment réédité par le label Roar (division du label Reigning Phoenix Music où l’on retrouve, entre autres, les géants du metal contemporain comme Opeth, Lordi, Kerry King…), ce n’est pas pour rien. Leur heavy metal teinté de sludge US est ici lourd comme le metal, forcément, or l’osmium est justement le type de metal le plus dense que l’on trouve sur Terre. ! Mais il est aussi teinté de belles mélodies comme le démontre leur single « Tombstone » dont le titre évoque aussi un célèbre western américain… Profitant de cette belle réédition accompagnée de leur premier EP Forsaken, nous avons pu faire connaissance avec son chanteur Marcus, un brin timide, qui nous raconte la génèse du groupe et ses influences provenant clairement de La Nouvelle-Orléans et non de la scène death metal scandinave pour une fois… [Entretien avec Marcus Kärregård (guitare rythmique/chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Juste une question : pourquoi as-tu refusé une interview/réunion vidéo et finalement préféré une discussion par e-mail ? Peut-être que ça ne te plaît pas ? YouTube et les nouveaux réseaux sociaux sont essentiels et utiles pour promouvoir l’activité musicale d’un groupe, d’un artiste, comme tu le sais. Metal Obs Magazine a beau être un magazine français, tu sais, mais le constat est là : beaucoup de gens ne prennent plus le temps de lire les journaux, les livres, la presse, etc. de nos jours, malheureusement…
A la base, je comprends et conçois tout à fait qu’un film visuel soit une bonne publicité pour nous. Et on obtient un échange complètement différent, c’est plus sympa et vivant. Mais ce n’est pas le meilleur moment pour moi actuellement, je suis quelqu’un de très introverti et mon cerveau est un peu lent, donc mon anglais est vraiment nul en ce moment, ce qui, combiné au fait de devoir donner rapidement de bonnes réponses, ne fait pas bon ménage. (rires) Et malheureusement, mes camarades de groupe ont été très occupés ces dernières semaines. Mais là, je peux maintenant m’asseoir et essayer de donner de bonnes réponses tout en ayant un petit texte de présentation. J’espère que tu accepteras mon explication et on essaiera de se retrouver sur internet (Zoom) plus tard.

Parlons maintenant de votre actualité mais avant plutôt du nom du groupe. Vous vous appelez CAREGAH, mais qu’est-ce que cela signifie au juste ? Est-ce un mot ou un lieu suédois ? D’où vient l’idée du nom pour votre groupe ?
Le nom vient d’un mot dialectal qu’on utilise pour désigner quelque chose de viril, d’arrogant, de cool ou de génial : « karigt ». C’est une très bonne expression. Mais on en a légèrement modifié l’orthographe. Je voulais quelque chose qui « n’existe pas », donc c’est comme ça que l’idée est née… (sourires)

CAREGAH a été fondé récemment en Suède. Pourriez-vous nous résumer votre histoire en France, car on vous découvre seulement véritablement maintenant avec cet excellent album intitulé Osmium ?
J’avais rencontré Patrik (Ndlr : Patrik Åkerlund, guitariste soliste) quelques années plus tôt, alors qu’il avait oublié son téléphone portable après une soirée de lancement avec mon ancien groupe. Quelques années plus tard, j’ai vécu dans le nord de la Suède pendant un certain temps, mais ma famille a décidé de rentrer chez elle dans le sud du pays. C’est au Sweden Rock Festival de cette année-là (2019) que j’ai rencontré Patrik, je crois que c’était durant le show de Slayer sur la grande scène… Alors Patrik et moi avons décidé de nous retrouver pour faire un barbecue et faire la fête pendant l’été suivant. J’ai ensuite demandé à Patrik s’il était intéressé par l’idée de monter un groupe. J’avais plein de riffs qui traînaient, je lui ai montré et j’ai discuté un peu de ce que je voulais faire, etc. Bla bla bla bla, et un peu plus tard, on avait beaucoup joué ensemble vers la fin de l’automne, et Filip et Douglas ont rejoint le groupe entre-temps fin 2019. On a ensuite composé les morceaux qui ont fini sur notre EP Forsaken, un recueil des quatre singles sortis en 2020-2021, qui étaient complètement ratés et passés inaperçus à cause du covid-19. Mais on a essayé de continuer et d’autres morceaux ont commencé à prendre forme, alors on a commencé à réfléchir à un album ou à continuer à sortir des chansons et des singles. Ça a fini par être un album complet : Osmium.

Dans votre musique, que l’on peut définir comme un mélange de heavy/sludge et de groove metal si tu es d’accord, on perçoit différentes influences qui créent ce groove et une puissance mélodique unique dans vos chansons. Avez-vous essayé de produire un mélange musical entre vos influences européennes et scandinaves, et celles américaines avec lesquelles vous avez grandi plus jeune ?
On a beaucoup d’inspirations, tu sais. Down, Black Sabbath, Black Label Society, Pantera, Metallica, etc. Mais on ne cherche pas à sonner dans une direction particulière d’emblée, et toutes les chansons que nous composons deviennent ce qu’elles deviennent. tout simplement. Si une chanson devient sludge, une autre peut devenir plus hard rock après, une autre plus thrash metal, etc. Du moment que c’est heavy, hard, groovy et simple. On peut être en pleine séance en salle de répétition et soudain quelqu’un joue autre chose, et voilà, on a du pain sur la planche. En même temps, j’ai dit que Caregah devait être heavy, simple et groovy. C’est important, la simplicité et le feeling avant tout. Quant aux paroles, elles viennent quand la musique est prête, les mélodies sont dans ma tête, et ensuite je mets les mots sur la chanson.

L’un des premiers singles diffusés extrait d’Osmium est une « power ballad », je dirais, pour le qualifier. Il s’agit de « Tombstone ». Ce morceau est tout simplement fantastique ! Pourquoi l’avoir choisi comme premier single du nouvel album ? Il révèle un face plus calme et mélodique du groupe, alors qu’Osmium est un album carrément heavy et vraiment génial. Est-ce le label qui l’a choisi comme single du premier album ?
En fait, c’est notre troisième single au total sur le label Roar (Ndlr : une divisions de Reigning Phoenix Music). On a sorti « Forever Merciless » comme premier single, et « Smoke of Doom » comme deuxième. Et oui, les gens du label voulaient qu’il soit inclus en tant que single pour montrer notre dimension musicale. Hé hé, je ne voulais pas vraiment que ce soit un single, en fait, mais plutôt une surprise à l’écoute d’Osmium. Mais c’est sympa que les gens aiment ce morceau. Il n’y aura peut-être plus beaucoup de chansons comme celle-là à l’avenir, mais on ne sait jamais… J’avais « Tombstone » bien avant la naissance du projet avec Caregah, donc c’est amusant que d’autres puissent l’entendre maintenant. (sourires)

Toujours à propos de ce titre « Tombstone ». Est-ce que celui-ci est en rapport avec le célèbre western Tombstone avec Kurt Russel et Val Kilmer ? De quoi parle cette chanson ? On aime beaucoup le clip…
Ha ha ! (rires) Merci. Eh bien ! C’est un sacré bon film et oui, ça y est peut-être pour quelque chose ici… Mais je fais référence au fait qu’un « Tombstone » passe souvent inaperçu, si vous voyez ce que je veux dire. Ça parle de nostalgie et de solitude, et une grande partie de la chanson est tirée de mes propres expériences et d’autres histoires que j’ai entendues.

Osmium est un album très puissant et heavy, comme je l’ai déjà dit. Comment avez-vous travaillé pour le composer au sein du groupe ? Répétez-vous beaucoup et improvisez-vous d’abord ensemble pour créer les brouillons des chansons en jammant, chacun travaillant sa partie ensuite, bien sûr, et vous avez fait une maquette préproduction ? Ou bien chacun bosse d’abord seul chez lui, derrière son ordinateur, et vous improvisez ensuite ensemble pour tester les chansons et écrire les paroles ?
Comme je l’ai dit précédemment, on improvise beaucoup, ou du moins on essaie. On apporte généralement des idées de riffs en salle de répétition ou on se les échange. Ensuite, on teste différents morceaux de batterie. On teste et on déplace des riffs ou des parties ensemble. Mais souvent, les chansons sont quasiment terminées une fois qu’on commence à improviser dessus, quelques petits ajustements ici et là, et c’est fini. Comme Osmium était censé être un ensemble de singles, comme Metallica l’a fait il y a quelques années, que l’on sortait morceau après morceau et que l’on rassemblait sur un album, on avait déjà enregistré par exemple les chanson « Revenge » et « Terrorized » plus tôt, Smoke était probablement le troisième morceau… « Forever Merciless  » a probablement été écrit à la fin de tous les morceaux.

Au chant, qui sont les différents chanteurs qui interviennent sur Osmium et qui font les chœurs, car ils sont très importants tout au long de l’album. Y a-t-il des invités ici, peut-être ?
Eh bien ! Tous les chants, les chœurs, sont de moi. C’est moi qui les ai enregistrés. Et j’espère en avoir beaucoup plus sur le prochain album. Et peut-être qu’il y aura des chanteurs invités, mais probablement pas. Douglas chante quelques chœurs quand on joue en live, enfin du moins il essaie, ha ha ha !! (rires)

Et quel est l’accordage de guitare que vous utilisez toi et Patrik ici ?
Sur Osmium, tout est en Drop B (Si), tous les morceaux sauf « Tombstone  » qui est enregistré en Mi standard. Sur l’EP Forsaken , c’est pareil, sauf « Waves of the Dunes » qui est en C# (do dièse).

Étiez-vous inspirés par des groupes de heavy/sludge metal américains comme Crowbar, Corrosion Of Conformity, {16}, Down ou Godmack, ainsi que par certains albums de Metallica (le Black album, St Anger, Load par exemple) ?
Oui, on peut dire ça, tous ces groupes ont probablement marqué nos esprits d’une manière ou d’une autre. Mais comme dit plus tôt, nous n’avons pas visé de genre particulier, mais c’est devenu ce qu’il est. Ensuite, les autres pourront nous classer dans la catégorie qui leur semble la plus adaptée. Tant que le public vient nous voir, on est contents. (sourires)

D’une certaine manière, aimez-vous et rêvez-vous de vivre selon l’« American way of life » ou bien le rêve américain est-il révolu en 2025 et vous vous sentez bien mieux en Suède ?
Hé hé ! (rires) Oui, je trouve la Suède plutôt bien quand même. Bien sûr, il y a beaucoup de choses cool aux États-Unis, même si c’est probablement assez difficile d’y vivre sans beaucoup d’argent. Mais quelques tournées en Amérique du Nord et du Sud auraient été géniales. On verra bien à l’avenir…

Sur Osmium, vous avez inclus la réédition de votre premier EP Forsaken, sorti en 2023, si je ne me trompe. C’est une bonne idée ! C’est vous ou le label qui l’avez proposé ? Avez-vous réenregistré ces morceaux de l’EP spécialement pour cette réédition figurant en bonus sur l’album d’Osmium ?
Oui, le label et nous voulions inclure toute la musique que nous avons créée, donc l’EP est inclus en bonus sur le CD, mais malheureusement pas sur l’édition vinyle. Il sortira en numérique partout dans le monde. Nous n’avons réenregistré aucun des morceaux, ils sont exactement comme ils étaient à la première fois.

Alors, Osmium est votre premier album studio, qu’en attendez-vous ? Qu’attendez-vous du public, de la foule ?
J’espère qu’il sera bien accueilli, et nous avons déjà reçu de nombreux retours positifs. Jochen du label Reigning Phoenix Music a probablement été intéressé par les retours et a probablement apprécié ce qu’il a entendu. (sourires) Nous espérons que beaucoup de gens viendront nous voir en concert, c’est vraiment le plus important et le plus amusant.

Accepteriez-vous si Phil Anselmo vous proposait d’assurer la première partie de la tournée européenne du prochain album de Down à l’avenir ?
Ha ha !! (rires) J’aurais chié dans mon froc si Phil avait appelé pour demander, mais la place aurait été réservée directement. Ça serait vraiment génial ! Phil Anselmo est une grande inspiration pour moi, tout comme Zakk Wylde et James Hetfield. Je les adore tous.

Pour conclure, quels sont les projets de CAREGAH ? Une tournée européenne, peut-être en 2025 ? Une participation à des festivals d’été ? Ou plutôt l’année prochaine ? Comptez-vous venir jouer en France ? On l’espère !
Honnêtement, on n’a pas encore de concerts prévus, donc ceux qui lisent ceci peuvent nous envoyer un mail et on s’en occupera. On aimerait commencer à jouer à la fin de l’automne et en hiver 2025/2026, car on travaille actuellement sur le deuxième album. Je pense que le prochain album va faire sensation sur de nombreuses scènes. Ça va être génial !

Merci d’avoir accepter de répondre à nos questions, même à l’écrit. Bien sûr, on aurait préféré te parler en visioconférence par internet ou se voir en face-à-face en vrai, mais peu importe, on respecte votre choix. Prenez soin de vous et bonne chance pour ce nouvel album qui est vraiment bon.
Merci, et merci de m’avoir permis d’être là même si on ne se voit pas sur Zoom… C’était très apprécié. J’espère te voir près d’une scène près de chez toi un jour.

Osmium (réédition) - CAREGAH
CAREGAH
Osmium (réédition)
Heavy/sludge metal
ROAR/Reigning Phoenix Music

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