Attention ! Avis à tous les fans de PARADISE LOST et de gothic/doom/death metal en général dont les Anglais furent l’un des pionniers ! Leur 18ème album studio s’appelle Ascension et sort le 19/09/2025 (Nuclear Blast). Et il s’agit tout bonnement de notre album du mois de Septembre 2025 à l’unanimité, enfin du mois celui de votre serviteur… Depuis 1988, le fameux groupe de Halifax (GB) mené par le duo créatif Nick Holmes (chant) et le guitariste gaucher au style inimitable (et jamais égalé) Gregory Mackintosh, ne cesse encore de nous surprendre en 2025 (rappelez vous l’album Host dont le side-project a été lancé en 2022 en pied de nez aux détracteurs du disque du même nom qui fit couler tant d’encre en 1999 !). Après un Medusa splendide et médusant, suivi d’un abyssal Obsidian, les maîtres du genre (au côté des MY DYING BRIDE, etc.) livrent là un disque mature, varié, et tout simplement magnifique, à placer peut-être quelque part dans leur discographie entre leurs albums cultes Icon et Draconian Times et peut-être aussi In Requiem ou Tragic Idols, ou plus récemment Obsidian… A vous d’en juger. Pour l’heure, voici notre tout nouvel entretien avec notre vieil ami Greg… [Entretien réalisé par Zoom avec Greg Mackintosh (guitares, claviers) par Seigneur Fred – Photos : DR]
->> Single « Silence Like The Grave » par PARADISE LOST extrait de l’album Ascension (Nuclear Blast)
William Shakespeare écrivait dans le monologue de Hamlet en 1603 : « To be or not be, that’s the question ? ». Pour PARADISE LOST et ce dix-huitième album studio (si l’on inclut le remake Icon 30), la question serait plutôt aujourd’hui : « Ascension est-il, ou plutôt sera-t’il, un futur classique ou pas ?… » Telle est la question en ce 19 septembre 2025. Le temps le dira, grâce à vous, nous, les fans de la première heure ou arrivés en cours de route, nous en jugerons tous, mais pour l’heure, nous, à METAL OBS, en ce mois de septembre de l’an de grâce 2025 après J-C, on dit déjà et spontanément : « oui » ! Avec un grand « O », et pour ça, ouvrez-bien vos oreilles avec un grand « O » là aussi…
Cela débute par « Serpent on the Cross » et son ouverture typique qui introduira les nombreux shows à venir de nos vieux amis anglais, à commencer par une tournée européenne, comme nous l’a confié en entretien vidéo Greg Mackintosh, qui revient là cinq ans après l’album Obsidian, et qui a vécu entre-temps, nous a-t’il dit, un (nouveau) drame dans sa vie personnelle… Si la parenthèse VALLENFYRE est fermée, et déboucha cependant sur l’actuel side project dark/doom metal STRIGOI, elle lui permit alors de rendre hommage à son défunt père. Mais le célèbre guitariste gaucher a visiblement encore broyé du noir dernièrement. Passée une intro symphonique aux claviers mortifères, la guitare lead pleure des notes au son reconnaissable entre mille sur une section heavy extrêmement solide (assuré par le vieux tandem Aaron Aedy/Steve Edmondson depuis 1988 !!). La tension monte, le chant assuré de Nick Holmes qui ne s’est jamais aussi bien époumoné depuis qu’il évolue parallèlement dans BLOODBATH, nous emmène dans les ténèbres. Le frontman varie justement ses vocalises (harsh, growls, heavy), et se veut très convainquant. Ce premier single nous glace déjà le sang. Et si ce drame mystérieux et sur lequel on en sut difficilement plus au cours de notre interview, cela l’a beaucoup inspiré à partir de 2022/2023, période durant laquelle il a véritablement commencé l’écriture des nouveaux morceaux d’Ascension. (cf. voir notre entretien vidéo ci-dessus avec Greg Mackintosh). Un mal pour un bien, pourrait-on dire avec ironie typique de l’humour britannique…
Succède l’autre énorme single, assez classique et plus lent (normal pour du doom metal !) : « Tyrants Serenade » sur lequel le chanteur quinquagénaire alterne là encore voix claire/growls, d’une efficacité simple mais redoutable. Il y a un côté quelque peu nostalgique nous renvoyant au début des années 90’s, mais avec un son très actuel. On est ainsi très proche du meilleur de Shades Of God (album qui établira le process de composition typique de PARADISE LOST, nous dira Greg Mackintosh en interview) d’Icon, ou Draconian Times. C’est très heavy. Plus solennel et totalement funéraire, « Salvation » fait passer notre spleen pour un pur moment de plaisir six pieds sous terre, là encore très heavy et sombre, mais plus light qu’un The Plague Within. D’autres futurs hymnes, comme « Silence Like The Grave » ou « A Life Unknown », plus classiques et typiquement goth metal, se multiplient, sans jamais que l’on ne s’en lasse (du mois pour le moment après pourtant de multiples écoutes), toujours dans cette mouvance époque Draconian Times, voire One Second, sauf que Nick Holmes chante nettement mieux ! Mais entre toutes ces perles, mine de rien, nos voisins rosbifs arrivent encore à nous surprendre, comme au rugby dans un crunch entre l’Angleterre et la France, où l’on croit que le match est plié par nous, les grenouilles françaises (« French frogs »). Entre deux essais magnifiques mais plus classiques donc (« Deceivers » où le nouveau batteur Jeff Singer, loin d’être un inconnu (KILL II THIS), adapte totalement son jeu après le départ d’Adrian Erlandsson pour ses copains suédois de THE HAUNTED), les Anglais sortent un peu plus le grand jeu au fur et à mesure que l’on avance dans cette inéluctable ascension gothic/doom metal, comme sur Obsidian.
Il y a par exemple « Lay A Wreath Upon The World » qui aurait presque pu figurer sur l’album IX de HOST paru en 2023 (Nuclear Blast). On a affaire à une fausse balade acoustique de toute beauté, un peu à l’instar de « Darker Thoughts » sur Obsidian en 2020. Là, en toute humilité, le guitariste grisonnant nous pond une mélodie tristounette dont le riff semble inspiré par ses pairs (« Comfortably Numb » de PINK FLOYD) et ses contemporains de British pop (« Masterplan » d’OASIS), jusqu’à ce qu’un chœur féminin vienne nous emporter, telle une sirène de mauvaise augure, dans les profondeurs des mers de la mélancolie… Et que dire de l’abyssal « Diluvium » aux deux soli de guitare (au milieu et surtout à la fin) encore une fois uniques et irrésistibles sur des riffs heavy plombés au possible, même si l’on est un cran plus léger (tout est relatif) d’un Obsidian ou The Plague Within en termes d’ambiance doom/death metal funéraire ici. Et tiens, en parlant de sirène précédemment, la chanson « Sirens » tombe comme un cheveu (même si Nick Holmes n’en a plus beaucoup) sur la soupe. A son écoute, si l’ambiance n’est clairement pas à la fête dans un pub anglais mais plutôt soupe à la grimace, on prend néanmoins un doux plaisir caché à découvrir chaque passage qui nous emmène dans une odyssée sans fin, où chaque vague affrontée est une étape supplémentaire gagnée sur la mort, une revanche dans la vie. Peut-être que notre ami Greg Mackintosh a voulu employé une métaphore avec ces « Sirens » qu’il a croisées et qu’ils l’ont admirablement inspirées visiblement. Un autre titre comme « Savage Days », plus quelconque à première vue, rappelle les influences dark rock/new wave dont PARADISE LOST raffole et qui font partie de leur ADN (souvenez-vous encore de One Second en 1997, et surtout de l’incompris Host en 1999). Mais on vous en a déjà trop dit sur Ascension, alors le mieux est vous pencher très sérieusement dessus pour l’écouter et l’apprivoiser pas à pas, au cours d’un périple à la fois dangereux et si agréable, telle une douce mélancolie nécessaire, prouvant une fois de plus que le quintet de Halifax n’est pas vieux dinosaure monolithique stérile en termes de créativité artistique en 2025. Malgré son style mainte fois copié mais jamais égalé, style qu’est le gothic/doom/death metal qu’il a su créer, façonner au cours de ces presque quatre décennies, PARADISE LOST demeure encore à son apogée à l’écoute d’Ascension. Un must have 2025, que l’on soit fan ou non de la bande à Nick Holmes et Greg Mackintosh, un point c’est tout. [Seigneur Fred]

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