L’amitié a toujours été une chose forte au sein du groupe français The Old Dead Tree, et ce, dès sa fondation en 1997 du côté de Paris. Après plusieurs allers-retours en 2013, 2017, puis 2019 où l’on croyait que c’était vraiment la fin (l’EP faussement bien nommé The End), nos cinq amis ont décidé de revenir aujourd’hui, et non pas juste pour quelques tours de danse sur scène, non, mais carrément sur la piste avec un tout nouvel et généreux quatrième opus studio baptisé Second Thoughts. Et quel chef d’œuvre ! Oui, oui, un chef d’œuvre, n’ayons pas peur des mots. Et comme à l’accoutumée chez nos amis de TODT (acronyme pour les fans) que l’on suit depuis leur toute première démo The Blossom (1999), cela transpire l’émotion, la sincérité, l’amitié donc, et tout bonnement une musicalité pleine de maturité, avec en plus des innovations. En effet, le quintet de gothic metal ne capitalise pas que sur ses acquis et son savoir-faire hérité des Paradise Lost et autres artistes british plus pop rock/new wave (citons au hasard le superbe « Fresh Start »). Ils ont savamment construit ici des chansons, certes, parfois plus formatées (le single « Unpredictable » avec son riff entêtant et un refrain imparable, ou l’autre single groovy « Terrified » paru il y a un an et figurant ici dans la version vinyle du LP), mais parfois elles s’avèrent plus complexes et moins évidentes. C’est le cas de la chanson « The Lightest Straw » avec son intro au piano suivi d’un riffing foudroyant, ou le magnifique « Without A Second Thought » aussi aux mélodies là encore plus torturées et contrastées.
Tout du long, la magnifique voix du frontman Manu Munoz alterne chant clair et screams vraiment convaincants, lui qui dernièrement œuvrait (et œuvre encore) dans Arkan depuis 2016 dans un registre metal extrême oriental en remplacement de Sarah Layssac. Et franchement sa voix n’a rien à envier à celle du chanteur/guitariste britannique Matthew Bellamy (Muse). On pourrait citer l’émouvant et personnel « Story of my Life » ou le single « Unpredictable ». Ecoutez par exemple aussi « Better Off Dead » où l’on croirait entendre la réincarnation de Jeff Buckley sur son unique album Grace, avec un timbre toutefois un plus grave. Mais à l’instar de l’artiste américain parti bien trop tôt, il y a de l’émotion ici, ça transpire à chaque note. Sur « Luke », un sentiment de fragilité est palpable, et là encore on en frissonne. Mais The Old Dead Tree sort aussi par moment de sa zone de confort donc, comme évoqué précédemment. C’est le cas sur le bluesy/folk « Don’t Waste Your Time » au groove génial. On est aussi captivé par des histoires aux intros discrètes qui nous emmènent dans des tranches de vie toutes plus passionnantes les unes que les autres, comme sur « Luke » donc, « Fresh Start », ou « The Trap ».
Les arrangements et orchestrations ne sont pas en reste sur Second Thoughts où rien n’a été laissé au hasard au Vamacara Studio avec le producteur HK (Loudblast, Dropdead Chaos, etc.) qui assuré le mixage et le mastering. Nos Frenchies ont bossé dur sur leur retour discographique. Sur un morceau au rythme enlevé comme « I Wish I Could », on apprécie les passages de cordes, ou le simple piano/voix et les chants en canon, rejoints par le violoncelle de Raphaël Verguin (Psygnosis) sur le splendide « Solastalgia ». La fin d’album se veut plus froide et martiale, rappelant leur répertoire plus dark/doom metal mais avec une approche industrielle sur l’énorme « Ok » suivi du encore plus énorme « The Worst Is Yet To Come » avec en invités, les prestigieux Ludovic Loez (Sup, Supuration) et Thomas (Regarde Les Hommes Tomber), deux voix de la scène metal extrême française qui renforcent ce sentiment sombre et finalement assez moderne sur la fin du disque, laissant entrevoir des influences intéressantes, à développer pourquoi pas sur un cinquième album, n’est-ce pas les gars ? 😉
En attendant, si Second Thoughts n’est peut-être pas toujours évident à la première approche pour en comprendre, ressentir, et en extraire la substantifique moelle, ce nouveau chef d’œuvre de TODT est si profond et riche qu’il vous captivera un bon moment, ça c’est certain. Ensuite, reste plus qu’à ces magnifiques compositions prennent vie sur scène très bientôt où le groupe français compte bien affirmer en live son retour gagnant. [Seigneur Fred]
->> Notre interview du guitariste Nicolas Chevrollier et du bassiste Gilles Moinet de THE OLD DEAD TREE à voir ici :
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