PENITENCE ONIRIQUE / HELL GATE / LES BÂTARDS DU ROI : LIVE REPORT @Dropkick Bar – Orléans (FR) le 27/01/2024

Malgré les nombreuses jacqueries dans l’Hexagone, la venue des Chartrains (d’origine) de Pénitence Onirique et de ses comparses n’a point été entachée pour cette soirée black metal française alléchante typiquement locale (avec les Orléanais des Bâtards du Roi) et régionale donc, mais pas que… En effet, Hell Gate effectuait également le déplacement depuis ses Vosges natales. Et c’est devant une fosse bien remplie, ma foi, que les hostilités ont pu commencer, avec pour chacun des artistes leurs particularités, le tout dans la fraternité et la communion avec le public. [Live report : texte et photos par Seigneur Fred]

PENITENCE ONIRIQUE

Le Dropkick est presque plein quand apparaissent les quatre musiciens encapuchonnés des Bâtards du Roi. A vrai dire, c’est un peu la grande mode les masques et les capuches en ce moment dans le black metal, mais nos jeunes Orléanais ont plutôt un look de moine guerrier et le visage masqué, idéal en ces temps de grippe et encore de covid-19. Jouant à domicile, ils vont délivrer un set très professionnel et carré devant un public déjà acquis à leur cause (les familles ont fait le déplacement malgré le froid et les difficultés de stationnement place de Chatelet). Leur black metal à la fois puissant et mélodique, grâce notamment au superbe travail du guitariste soliste sur la gauche captivent de plus en plus la foule. Malgré des problèmes sonores au niveau du chant principal, peu à peu le guitariste/chanteur s’affirme.

On peut ainsi apprécier les chansons historiques inspirées notamment par le fait d’armes héroïque de Jeanne d’Arc qui délivra Orléans en 1429 au côté de Jean de Dunois, le « bâtard d’Orléans »… Alors quand on vous dit qu’il faut consommer local, acheter des fruits & légumes ou de la viande/poisson du petit producteur au consommateur… Eh bien ! En musique, c’est pareil ! Il faut défendre la scène locale, la soutenir, afin qu’elles survivent et grandissent pour faire de belles choses ! En plus, un nouvel album des Bâtards du Roi arrive très bientôt puisque le 22 février 2024, ce sera le jour de leur release party en support de Rüyyn dans ce même Dropkick Bar…

LES BÂTARDS DU ROI

Doté d’un jeu de lumières bleuet et d’étendards sur les côtés de la scène, Hell Gate propose un black metal atmosphérique totalement différent de ses prédécesseurs. Si le quatuor lorrain est peu dynamique sur scène au départ, ça colle parfaitement à l’ambiance des morceaux longs et éthérés qui vont souvent surprendre à la fin de leur interprétation les spectateurs pourtant attentifs. On notera un joli set de lumière avec une scénographie rappelant leurs compatriotes de Déluge (lumières bleues, quelques sons clean à la guitare, éléments aquatiques (sons de baleine, et non ce n’est pas Gojira !), etc.). De soudaines accélérations viennent parfois entrecoupées les gémissements du chanteur, au centre de la scène, équipé d’une sorte de filet de pêche, tel Neptune ou Aquaman version slim dans les eaux agitées de l’Atlantique… Ses screams et le jeu de scène bien rôdé démontrent l’expérience de la formation de Saint-Dié-des-Vosges, auteure déjà de deux albums studio sortis en indépendant : Par-delà l’existence (2020) et Vagues d’amertume (2023). Violence et accalmies s’alternent tout au long de plages sonores sinueuses, un peu à l’image encore une fois de Déluge avec ce même thème commun : l’eau. Set très pro,  on sent l’expérience du groupe lorrain fondé en 2012 à Nancy. Mouettes, Houle, ça sent même parfois les embruns, presque comme le groupe parisien Houle que nous avions interviewés en 2022…

HELL GATE

Enfin, place à Pénitence Onirique (lire notre interview réalisée au festival Motocultor 2023), tête d’affiche très attendue dans le cadre de cette soirée black metal qui monte en puissance, deux mois après le passage de leurs confrères de Jours Pâles (side project rock/black de Spellbound d’Aorlhac) et Lunar Tombfields avec lesquels ils partagent le même label d’excellence (Les Acteurs de l’Ombre Productions). Comme vous le savez, Nature Morte, le dernier opus des Français (à présent établis en banlieue parisienne mais deux de ses membres sont toutefois d’origine chartraine), nous a vraiment séduits en 2023. Il fut même l’un de nos albums préférés en 2023 parmi notre Top 3, ex-aequo avec le dernier Marduk, Memento Mori… Après les avoir déjà rencontrés et vus en concert en condition de festival à Carhaix, (Motocultor 2023), nous étions impatients de revoir le sextet dans une configuration club cette fois, car leur prestation nous avait un peu déçus en Bretagne l’été dernier (set trop statique, mais bon c’est tellement intense, lumières moyennes en plein jour, arrivée d’un nouveau batteur belge Iendar qui releva le challenge avec brio quelques semaines avant l’évènement)). Leur journée en plus ce jour-là était bien chargée (promotion, etc.), on les a pardonné depuis bien volontiers.

PENITENCE ONIRIQUE

On remarque au passage ce samedi soir leurs nouveaux masques, différents de ceux du Motocultor. Verdict : nous n’avons été nullement déçus, et même plus que ravis ! Si le jeu de lumières scénique est moins travaillé que celui de Hell Gate, la puissance, l’intensité fait rapidement oublié tout ça ! C’est frontal, extrêmement carré, on apprécie les riffs monstrueux et véloces des trois guitaristes (Iron Maiden n’a qu’à bien se tenir !). Le batteur belge est plus à l’aise cette fois derrière ses fûts. Au micro, Thomas, alias « Logos », est comme une bête dans une cage, arpentant les cent pas sur scène et rugissant toute sa haine qu’il a cumulée durant sa jeunesse quand il vivait à Chartres, son fief natal. On croirait même croiser le Predator avec son nouveau masque…

Le groupe désormais francilien va alors enchaîner la majorité des chansons de l’excellent Nature Morte, à commencer par les deux très directs, « Désir » et « Les Mammonites ». Puis petite accalmie et ça repart avec la chanson-titre de leur troisième opus. Il nous semblera qu’un extrait (« Souveraineté Suprême » ?) de leur précédent, et déjà remarqué, album Vestige (2019) sera joué. Le set intense de nos hommes masqués s’achèvera par « Je Vois Satan Tomber Comme L’éclair » et enfin l’épique « Pharmakos ». Enorme, puissant, Pénitence Onirique a clairement musclé son black metal, parfois jugé mélodique, atmosphérique, mais qu’importe, la qualité des compositions déjà révélée sur Nature Morte prend tout son sens maintenant sur scène. Alors ne les manquez pas s’ils (re)passent dans le coin, pourquoi pas en festival (on nous murmure à l’oreillette une éventuelle participation au prochain Muscadeath 2024 du côté de Nantes). Et ils sont déjà attendus en Autriche en novembre prochain. Continuez-comme ça les gars ! Quant à vous, cher(e)s lecteurs/trices : soutenez la filière black metal française car elle en vaut la chandelle ! [Seigneur Fred]

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